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Dans la tête d'un petit poisson rouge

Si nous, humains, vivions dans un milieu naturel, nous obéirions à deux instincts de survie :?le besoin d'explorer et la réaction d'anxiété. Photo:

Je me rappelle les premiers animaux de compagnie que j’ai eus quand j’étais petit: deux poissons rouges que j’avais achetés avec mon propre argent. Je les avais appelés Goldie et Charlie. Je ne me souviens pas si je leur avais acheté un beau bocal, mais connaissant ma famille, j’avais probablement suivi les conseils de ma mère et rempli d’eau un vieux pot Mason. Même si le gîte des poissons avait de subtils relents de sauce tomate, qui pourrait s’opposer à l’économie ainsi réalisée?

Un matin, je me suis empressé de sortir de ma chambre et j’ai couru jusqu’au comptoir pour observer mes poissons et leur donner à manger. Hélas, Goldie était étendu, mort, sur le comptoir de mélamine, à côté du pot Mason! J’avais le cour brisé. Il semble qu’au cours de la nuit, il ait sauté pour voir ce qui se trouvait derrière la barrière de verre. Il s’est avéré que c’était la mort «par mélamine»!

La curiosité qui tue
Je fais peut-être de l’anthropomorphisme, mais je soupçonne que le poisson rouge a probablement fait ce que nous tous, du règne animal, faisons : nous explorons notre environnement.

Si nous vivions dans un milieu naturel, nous obéirions à deux instincts de survie. Le premier est lié au besoin d’explorer, afin de trouver de meilleures conditions ou de nouvelles sources de nourriture. Le deuxième instinct est la réaction d’anxiété. L’anxiété est ce qui nous met à l’affût des dangers et des prédateurs. Bien que les deux instincts soient nécessaires, un excès de l’un ou de l’autre peut être nocif.

Dans ma dernière chronique, j’ai parlé d’un pauvre petit suisse qui, en réaction à l’anxiété, avait décidé de retourner en lieu sûr, pour finir écrasé sous la roue de ma bicyclette. Si le petit suisse avait été moins anxieux, il n’aurait pas paniqué et ne serait pas revenu sur ses pas. Goldie, par contre, est mort par suite d’un manque d’anxiété. De toute évidence, il ne craignait pas ce qui se trouvait de l’autre côté de la paroi de verre et il est allé y jeter un coup d’oil.

Leçons tirées du royaume animal
Les leçons que nous tirons du règne animal, qu’il s’agisse de petits suisses ou de poissons rouges, nous en disent long sur la nature humaine. Nous sommes essentiellement constitués d’un ensemble de traits de caractère, y compris l’anxiété, qui nous sont très utiles.

Cependant, il n’existe pas de garanties. Ces traits et ces instincts varient d’intensité d’un individu à l’autre, et ils entrent inévitablement en interaction avec les situations auxquelles nous sommes confrontés, parfois à notre avantage, parfois à notre détriment.

À propos d’avantages, je suis pratiquement certain que le petit suisse serait encore parmi nous aujourd’hui s’il avait à l’époque habité dans le pot Mason… entouré d’effluves de tomate et de basilic, mais bien vivant.

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