Choisir la mastectomie préventive
L’ablation des seins à la suite d’un cancer peut-être une opération traumatisante. Or, certaines femmes choisissent de se les faire enlever volontairement. Beaucoup, même.
«J’avais l’impression d’avoir une bombe à retardement dans le corps, raconte Jennifer Chamberlin, une auxiliaire médicale de 36 ans qui habite la Pennsylvanie, aux États-Unis. Ma grand-mère et plusieurs de mes tantes ont souffert du cancer du sein.» C’est pourquoi elle a décidé de subir une ablation chirurgicale des deux seins et de ses ovaires, même si elle n’avait pas le cancer.
«Je ne voulais pas courir le risque de développer le cancer, se justifie-t-elle. Il n’est pas impossible que d’autres types de cancers me frappent, mais je pouvais agir face à ces risques-là.»
Mme Chamberlin n’est pas un cas unique. Entre 1998 et 2005, le taux de mastectomies prophylactiques controlatérales, c’est-à-dire l’ablation de deux seins en santé, a augmenté de 188 % chez les femmes américaines, d’après une étude réalisée par des médecins de l’University of Minnesota School of Medicine.
«De 98 % à 99 % des femmes qui ont développé des carcinomes intracanalaires non infiltrants [la forme de cancer du sein la plus répandue] affichent un taux de survie de 10 ans, affirme le Dr Todd Tuttle, chercheur principal. L’ablation d’un sein en santé n’améliorera pas ce taux
de survie, déjà excellent. Néanmoins, de nombreuses femmes, particulièrement des jeunes femmes, décident de se faire enlever les deux seins.»