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Une chronique, 100 tranches

La première chronique que j’ai signée dans le journal Métro était intitulée La vie en tranches. Je l’ai appelée ainsi parce qu’à titre de psychologue, j’ai l’occasion de vivre de petites tranches de vie des gens avec qui je travaille. C’est une richesse que j’apprécie. Voir la vie avec les yeux des autres donne une perspective beaucoup plus vaste que de l’observer seulement avec ses propres yeux.

La perspective que m’ont procurée ces tranches de vie m’a guidé dans ces examens bimensuels de notre nature, sous plusieurs angles différents. Cela m’a permis d’étudier à la fois la beauté et la laideur de la nature humaine, ainsi que toute la gamme de nuances se situant entre les deux. Je signe aujourd’hui ma 100e chronique.

Une réalité, de multiples réalités
Je dois avouer que je ne raffole pas des «pop psys», même si j’en suis un moi-même, en quelque sorte. Ce qui me déplaît particulièrement des gens qui écrivent sur la nature humaine ou qui dispensent des conseils au grand public, c’est qu’une très petite partie de ces conseils s’applique à tout le monde. Dans le but de renseigner sur la nature humaine ou sur les maladies mentales, nous sommes forcés de généraliser. Pourtant, généraliser à propos de la nature humaine viole un principe de base de la psychologie : chaque personne est unique. Chacun de nous est un mélange de dispositions de caractère et d’expériences de la vie qui définit notre identité et la façon dont nous réagissons.

La nature de la bête
Il est donc impossible de fournir des conseils pertinents ou de tirer des conclusions valables si l’on ne tient pas compte de chaque personne et de chaque situation dans toute leur complexité. Par exemple, quelles conclusions pouvons-nous tirer de grandes tragédies humaines comme le séisme en Haïti? La générosité inspirante des travailleurs humanitaires qui risquent leur vie pour sauver des victimes dans un pays dévasté vient se juxtaposer aux méfaits des fraudeurs qui tentent de profiter du malheur des autres en mettant sur pied de faux organismes de charité. 

À la lumière d’événements majeurs comme celui-là, on se demande si la nature humaine est fondamentalement bonne ou mauvaise. La réponse évidente et troublante est que la nature humaine est à la fois les deux. L’exploration du bon peut difficilement se faire sans tenir compte du mauvais.

Réflexions sur la banalité
L’examen de la banalité peut parfois nous en apprendre beaucoup sur la profondeur. Il n’est peut-être pas si difficile de découvrir pourquoi une personne agit d’une certaine façon dans un pays ravagé par un tremblement de terre, si nous examinons la manière dont elle agirait dans une situation quotidienne, comme lorsqu’un siège se libère dans l’autobus. 

C’est pourquoi ces chroniques poursuivront leur parcours sinueux, hors des sentiers battus. Je vais continuer de me pencher sur nos comportements et nos croyances afin de susciter la réflexion, et surtout, de remettre en question nos perceptions de la réalité. Si celles-ci s’en trouvent légèrement modifiées, je suppose que les efforts du chroniqueur et des lecteurs auront valu la peine.

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