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Exclusif: Pression politique pour la révision de la Loi sur le tabac

Photo: Getty Images/iStockphoto

Plus de la moitié des députés de l’Assemblée nationale ont été sollicités pour faire des pressions sur le ministre de la Santé afin que la Loi sur le tabac soit révisée. De ce nombre, 33 présenteront une pétition dès la rentrée parlementaire, en février.

Alors que débute la Semaine pour un Québec sans tabac, plusieurs organismes impliqués dans la lutte contre la cigarette tentent de faire réagir les élus provinciaux à cette question. C’est le cas de la Société canadienne du cancer (SCC), qui a déjà visité plus de 60 bureaux de députés pour leur présenter la campagne «Protégeons les jeunes contre l’industrie du tabac». À la suite de ces rencontres, des députés des trois principaux partis ont accepté de présenter la pétition de la SCC, qui contient plus de 54 000 signatures, à l’Assemblée nationale.

«Pour l’instant, 33 députés ont accepté de déposer la pétition, mais nous nous attendons à ce qu’un nombre encore plus grand de députés confirment leur participation, dont ceux de Québec solidaire», a expliqué Geneviève Berteau, analyste des politiques pour la SCC-division du Québec.

La pétition en question vise à promouvoir une action gouvernementale rapide pour protéger les jeunes des dangers du tabac. La SCC estime qu’il faut que le ministre de la Santé, Réjean Hébert, se dépêche de revoir la Loi sur le tabac. «Chaque année, plus de 30 000 jeunes Québécois s’initient au tabac, c’est plus de 80 nouveaux fumeurs chaque jour, il faut agir», affirme Mme Berteau.

Parmi les demandes de la SCC, on note celles d’abolir toutes les saveurs (comme le menthol) des produits du tabac, d’assujettir la cigarette électronique à la Loi sur le tabac et d’adopter des emballages neutres et standardisés pour tous les produits du tabac.

Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), a plaidé pour un meilleur encadrement de la cigarette électronique. Celle-ci devrait notamment, selon lui, être assujettie à la Loi sur le tabac. M. Bujold a aussi appelé à la prudence relativement à ce produit, même s’il n’exclut pas la possibilité qu’il puisse aider certaines personnes à arrêter de fumer. «On connaît très peu de choses en termes de réussite de ce produit-là. Très peu d’études ont été faites. Toutefois, il présente un danger. On sait que les jeunes croient la cigarette électronique inoffensive. Pourtant, la nicotine qu’elle contient pourrait créer une dépendance et amener des jeunes à commencer à fumer», a dit M. Bujold.

Au cabinet du ministre de la Santé, on affirme «être à pied d’œuvre» relativement à ce dossier. «Nous évaluons présentement toutes les mesures potentielles que nous voudrons mettre dans le futur projet de loi, qui sera déposé dès que possible afin de réviser la Loi sur le tabac actuelle», confirme l’attachée de presse du ministre Hébert, Ariane Lareau.

E-cigarette: étiquettes trompeuses
Dans une analyse effectuée par l’Université de Montréal pour la Société canadienne du cancer l’automne dernier, on concluait que six marques de e-cigarettes sur neuf portant la mention «sans nicotine» contiennent en fait de ce produit. «La nicotine crée une forte dépendance, c’est dangereux de donner ça légalement aux jeunes», rappelle Geneviève Berteau, analyste des politiques pour la division québécoise de la Société canadienne du cancer.

Cette dernière rappelle que la cigarette électronique intéresse grandement les compagnies de tabac, qui y voient une niche pour offrir à leur clientèle une façon de fumer autrement. Juste l’an dernier, le groupe R.J. Reynolds (fabricant de Camel et de Pall Mall) a lancé la e-cigarette Vuse, tandis que le groupe Altria (fabricant de Marlboro) a lancé en août une e-cigarette sous la marque MarkTen, en Indiana.

L’exemple australien
L’Australie est le pays qui a imposé les normes les plus contraignantes aux fabricants de cigarettes pour ce qui est des publicités sur les emballages, d’après la porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Flory Doucas. Depuis près d’un an, les mises en garde recouvrent environ 80 % de la superficie du paquet de cigarettes, et le nom du fabricant occupe l’espace qui reste. Il est inscrit avec une police standardisée, sans éléments graphiques particuliers ni couleurs. Les Émirats arabes unis, l’Angleterre et l’Irlande songent à suivre l’exemple des Australiens. Au Canada, les mises en garde ont été renouvelées en 2012. (Marie-Eve Shaffer / Société canadienne du cancer)

Des paquets neutres en Australie:
Paquet Neutre_Australie

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