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Deux décès, deux réactions

Apprendre que vous souffrez d’un trouble neurologique et vous retrouver confiné dans un fauteuil roulant aurait, bien sûr, un effet dévastateur sur vous. Imaginez qu’en plus, les gens vous craignent et vous fuient. Pire encore, qu’ils vous accusent d’être paresseux et de feindre la maladie pour éviter d’assumer vos responsabilités. Tel est le fardeau de la maladie mentale, que l’intolérance et le manque d’empathie ne font qu’aggraver.

La dépression et l’anxiété, deux des troubles psychologiques les plus courants, ne mettent pas complètement hors de combat les personnes qui en sont atteintes et ne sont pas toujours évidentes à repérer pour les autres. Mais les préjugés qui y sont associés forcent beaucoup de gens à souffrir en silence. 

J’aimerais porter un toast
Le préjugé est alimenté par un manque de compréhension. Prenons un trouble anxieux. Si nous ne voyons aucun inconvénient à parler en public ou à prendre l’avion, comment pourrions-nous nous imaginer que ces activités ont de graves répercussions sur la vie d’autres personnes? Et pourtant, bien des gens compétents ont quitté l’école ou refusé des promotions en raison de ces craintes. Lorsque nous ne partageons pas l’anxiété de quelqu’un, il est difficile de faire preuve d’empathie à son égard et de ne pas le juger négativement.

Deux décès, deux réactions
La dépression est un autre trouble qui suscite l’intolérance, car nous supposons à tort que des situations semblables seront vécues de la même façon par deux personnes différentes. Même si nous pouvons facilement imaginer la situation d’un autre (nous pourrions même l’avoir déjà vécue), nous ne l’avons jamais vécue dans l’état d’esprit de cet autre.

Par exemple, si deux personnes perdent leur père, l’une peut continuer à fonctionner comme avant, alors que l’autre peut être gravement déprimée et incapable de travailler. Nous pouvons donc facilement imaginer la première personne en train d’accuser la deuxième de simuler. Et pourtant, personne ne réagit de la même façon devant la mort. Notre réaction dépend de nos croyances, de nos forces et de nos faiblesses personnelles, de notre degré de réactivité émotionnelle, de nos expériences de deuil antérieures et du genre de relation que nous entretenions avec le défunt.

Finalement, ce qui alimente les préjugés entourant la maladie mentale, c’est que la maladie elle-même est cachée. Nous pouvons reconnaître un corps ravagé par la sclérose latérale amyotrophique ou une mémoire minée par la maladie d’Alzheimer. Bien que nous ne puissions pas détecter facilement un manque de confiance en soi causé par la dépression ou l’anxiété, ses effets sont tout aussi réels.

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