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Les «sans enfants» sortent du garde-robe

Alors que la population mondiale a dépassé le cap des sept milliards, avons-nous vraiment besoin de faire des bébés? Affirmer ne pas vouloir d’enfants n’est plus aussi tabou. De plus en plus de gens font ce choix.

L’année 2012 vient de commencer, et alors que le cap des sept milliards d’individus sur Terre vient d’être franchi, il n’y a pas meilleur moment pour réfléchir à son désir d’avoir ou non des enfants. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes voient la maternité et la paternité comme un choix personnel plutôt que comme une obligation.«La proportion de femmes qui arrivent à la ménopause sans avoir eu d’enfants est aujourd’hui d’environ 20 % aux États-Unis, comparativement à 10 % dans les années 1970», affirme la psychologue Ellen Walker, auteure de Complete Without Kids. Elle rappelle aussi la baisse du taux de natalité dans les pays occidentaux, de même qu’en Chine et au Japon. «Moi, à 50 ans, je reste assez marginale, mais une femme dans la trentaine qui fait le choix de ne pas avoir d’enfants peut facilement en rencontrer d’autres qui sont dans la même situation.

Il y a des centaines de raisons de ne pas avoir d’enfants, des coûts aux manque de soutien, en passant par le poids écologique d’ajouter une bouche à nourrir dans un monde déjà surpeuplé. La récession est aussi une cause. «Plusieurs personnes s’inquiètent de l’état du monde et décident que ce n’est pas un monde idéal pour un enfant», continue Mme Walker.

Vouloir ne pas se reproduire est ainsi un choix de vie de plus en plus populaire. À la différence de la génération précédente, les nouveaux «sans enfants» ne considèrent pas le sujet comme étant tabou. «Les gens parlent ouvertement de leur décision et affirment que c’est un choix et non une étape essentielle de la vie, précise Ellen Walker. Les femmes en particulier réalisent qu’il est correct de ne pas avoir d’enfants et qu’elles peuvent choisir de privilégier leur carrière ou la maternité.»

Alors que les parents pensent qu’élever correctement leurs enfants est leur objectif ultime, les «sans enfants» devraient canaliser leurs énergies dans leurs autres projets, que ce soit le bénévolat, les loisirs ou les œuvres de charité. «J’encourage les personnes qui n’ont pas d’enfants à se trouver des points d’intérêt, conseille-t-elle. Sinon, vous risquez de regretter ne pas en avoir eu.»

Devriez-vous avoir des enfants?

Comment savoir qu’on ne  veut vraiment pas d’enfants? «Très peu de parents potentiels prennent le temps d’explorer ces questions avant de se lancer dans l’aventure, mais ils le devraient. Plus de la moitié des grossesses sont non prévues aux États-Unis», rappelle Ellen Walker.

1.Vous n’aimez pas vraiment le fait d’être entouré d’enfants ni les activités qui leur sont destinées.

2. Vous n’êtes pas prêt à faire de sacrifices. Vous ne voulez pas abandonner vos loisirs ni votre train de vie et vous ne voulez pas prendre le risque de briser votre couple (avoir des enfants est une épreuve, même si on est très amoureux) ou de perdre des amis, ou encore vous êtes obnubilé par votre carrière.

3. Vous reconnaissez ne pas être assez stable et ne voulez pas qu’un enfant en subisse les conséquences. Peut-être que votre couple vit des hauts et des bas, que vous n’avez pas un réseau de soutien assez étoffé, que vous avez de la difficulté à boucler vos fins de mois ou que vous n’avez pas la patience nécessaire.

Témoignage: «Je n’ai pas d’enfants»

Ruby Warrington, rédactrice de 35 ans, est mariée et a choisi de ne pas avoir d’enfants.

Pourquoi avez-vous pris cette décision?
Mon horloge biologique n’a jamais sonné et je n’ai jamais eu cette envie incommensurable d’avoir un enfant. Je pense que, pour avoir un enfant, il faut avoir l’impression que notre but ultime dans la vie est d’être parent.

Est-ce de plus en plus facile de sortir de la garde-robe?
Il semble que oui. Je rencontre souvent des femmes qui admettent ressentir la même chose. Peut-être aussi que plus de femmes réalisent qu’elles ont le choix.

Est-ce qu’on vous demande souvent si vous allez changer d’avis?
Chaque fois que je dis que je suis mariée. Et si les gens le demandent, je me dis qu’ils en ont ou en veulent probablement, et je me sens toujours comme si j’avais besoin de m’excuser de ne pas partager leurs idéaux. Parfois, ils croient que je suis infertile et sont gênés d’avoir abordé le sujet. Quoi qu’il en soit, je me sens toujours liée d’une quelconque manière quand je rencontre quelqu’un qui pense comme moi!

Vos amis qui sont déjà parents vous traitent-ils différemment?
Pas vraiment. Même si je me demande parfois s’ils voient nos activités ensemble comme une manière de revenir à leur vie «d’avant».

Aimez-vous les enfants des autres?
Ceux que je connais, oui!

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