Sur les toits de Bamako, des potagers prennent racine
Maïs, tomates et laitues poussent tout aussi bien au sol qu’en hauteur. À Bamako, au Mali, des potagers prennent racine sur les toits des habitations. Une initiative urbaine de l’ONG québécoise Alternatives, qui fait des petits un peu partout dans le monde.
Ils poussent dans de vieux pneus, des bouteilles de plastique ou même dans des tonneaux récupérés. « Faire un jardin est tout simple! On peut planter des légumes partout», explique Ibrahim Cissé, expert en microjardinage à Bamako. «Il ne faut qu’un peu de terre, du fumier, de l’eau et un peu de soleil!», lance-t-il à l’occasion d’une conférence sur le microjardinage.
Comme d’autres bamakois, Ibrahim a suivi de près le projet des jardins sur le toit. L’idée est née en 2007, d’un partenariat entre l’organisation montréalaise Alternatives et le Réseau des Radios libres Kayira, un réseau de neuf radios communautaires qui défend les luttes sociales au Mali. «Les villes comme Bamako s’urbanisent de plus en plus, ce qui fait que les gens ont de moins en moins accès à la terre. Le microjardinage est une solution pour préserver l’accès à des légumes frais en ville», explique Ambroise Thériault, l’un des stagiaires qui participent au projet. En quatre ans, trois groupes de jeunes se sont suivis et ont développé ce projet déjà fort populaire à Montréal.
La technique développée par Alternatives consiste à cultiver des fruits et des légumes dans des bacs à réserve d’eau. Ces bacs permettent de récupérer la pluie et d’ainsi bien approvisionner les plants en eau et en oxygène. À Bamako, tout comme dans certains pays du sud, cette technique peut être appliquée également sur des sols contaminés. «C’est l’idéal pour les familles du quartier, qui vivent tout près d’un dépotoir, mais qui ont aussi droit à des jardins», explique Ibrahim Cissé.
Très vite, les membres de la radio Kayira se sont impliqués dans l’entretien des petits potagers. C’est le cas de Korojdo Coulibaly, animateur et responsable du jardin sur le toit. «Avant ce projet, il n’y avait rien sur le toit. C’était un grand espace perdu. Maintenant que tout est vert, il est beaucoup plus agréable de venir s’y promener et c’est aussi bon pour l’environnement», explique-t-il. Le projet, implanté à Bamako pour l’instant, pourrait bientôt faire des petits sur les toits des autres radios Kayira du pays.