Trois concepts inspirants pour garder les familles à Montréal
La Ville multiplie les initiatives, depuis quelques années, pour empêcher l’exode des familles vers l’extérieur de l’île. Métro s’est penché sur la question et propose trois solutions afin de rendre la métropole encore plus attrayante pour les jeunes ménages.
1. Vivre ensemble, séparément
Sur l’île de Montréal, l’espace se fait rare et, par conséquent, coûte de plus en plus cher. Mais voilà qu’une nouvelle façon d’accéder à la propriété semble se profiler à l’horizon: le cohabitat. Et cela va plus loin que les maisons intergénérationnelles, les coopératives et les copropriétés où l’on se partage une piscine sur la terrasse… Avec le cohabitat (cohousing), plus question d’éviter ses voisins.
Ce type de propriété permet à ses résidants de devenir propriétaires de leur unité (habituellement sous la forme légale d’une coopérative ou d’une copropriété) tout en profitant de parties communes telles que la cuisine, la salle de jeu, l’atelier, le jardin ou le parc. Et d’en profiter ensemble – grâce à des repas communautaires, par exemple. Cela ne signifie cependant pas que la cuisine privée disparaît, mais bien qu’elle devient une option parmi d’autres à l’heure du repas. La clé du succès réside dans l’idée de bâtir un milieu ayant, en son centre, les relations humaines et la volonté de s’impliquer. Un concept qui se développe autant à l’échelle d’un village qu’à celle d’un pâté de maisons, donc.
Un exemple? Cohabitat Québec, un projet en développement situé à Québec, où 40 unités d’habitation devraient voir le jour d’ici la fin de l’été 2012. Vingt-six ménages y ont réservé leur place jusqu’à maintenant, et une dizaine devraient s’ajouter d’ici Noël.
Mais regrouper quelques dizaines de propriétaires qui se mettent d’accord sur un projet de ce type reste une entreprise de taille. L’emplacement, l’aménagement, les questions juridiques figurent parmi les problématiques à démêler. À Montréal, un projet de ce genre, Vertnature, peine à prendre son envol… (Christian Duperron)
www.cohabitat.ca
www.cohousing.ca
2. Maisons miniatures
Le prix des maisons a de quoi donner des maux de tête à plusieurs. Une solution s’est imposée à certains, particulièrement aux adeptes de la simplicité volontaire: les mini-maisons.
Ces demeures, qui offrent jusqu’à aussi peu que 6 m2 (65 pi2) de surface habitable, ont l’avantage de nécessiter peu de terrain, de pouvoir être déplacées facilement et d’être moins énergivores.
Leur principal atout demeure toutefois, pour bien des gens, leur coût.
En effet, une mini-maison coûte quelque 20 000$ à construire, bien loin des 236?333$ exigés en moyenne pour un condo dans la région de Montréal, selon une récente étude de Royal LePage. La popularité des mini-maisons est particulièrement perceptible aux États-Unis, mais elle commence à gagner le Canada.
Un couple installé dans la région de Vancouver obtient à cet égard beaucoup d’attention depuis qu’il a décidé de bâtir une maison de 46 m2 (500 pi2) dans la cour des parents du garçon. Le blogue Build Small, tiré de l’expérience et lancé en mars 2010, a trouvé des échos jusqu’en Indonésie.
Pour ceux qui voudraient se lancer dans l’auto-construction d’une mini-maison, Jay Shafer, un
Américain qui vit depuis 1997 dans une maison de 8?m2 (89 pi2), a publié le livre Tumbleweed DIY Book of Backyard Sheds and Tiny Houses. M. Shafer, qui est devenu l’un des principaux architectes du mouvement des mini-maisons, y présente les plans de six modèles offrant environ 9 m2 (100 pi2) de surface habitable. (Jennifer Guthrie)
3. Murs verts
Des murs extérieurs couverts de verdure ont l’avantage de réduire le phénomène des îlots de chaleur, de purifier l’air et de capter l’eau de pluie. Compte tenu du fait que les conditions météorologiques varient beaucoup au cours d’une année à Montréal, il est préférable d’opter pour des vignes vierges et des plantes grimpantes qui résistent à la sécheresse et aux insectes. Beaucoup plus coûteux, les murs végétalisés conçus par le botaniste de renom Patrick Blanc avec un système d’ancrage et un réseau de tuyaux ont tendance à s’assécher et à moins bien résister au froid hivernal.
Contrairement à la croyance populaire, les plantes grimpantes n’endommagent pas les joints des murs de maçonnerie, à moins que ceux-ci soient déjà fissurés. Certaines peuvent s’agripper à plusieurs types de revêtement extérieur, comme l’aluminium et le vinyle. D’autres auront besoin d’un treillis fait de bois traité ou de PVC pour s’épanouir. Les plantes grimpantes ne demandent aucun entretien particulier et elles poussent rapidement. (Marie-Eve Shaffer)