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Le designer Markantoine ira loin dans «Making the Cut»

Le designer de mode montréalais Markantoine participe à la troisième saison de la téléréalité « Making the Cut ».
Le designer de mode montréalais Markantoine participe à la troisième saison de la téléréalité «Making the Cut». Photo: Garrett Naccarato

Le designer henriçois Markantoine Lynch-Boisvert fait partie des dix designers sélectionnés aux quatre coins du monde pour rivaliser de créativité durant la troisième saison de la téléréalité Making the Cut, qui sera diffusée dès le 19 août sur Prime Video.  

Celui que l’on qualifie d’enfant terrible de la mode montréalaise sera le premier Canadien à figurer parmi les finalistes de cette compétition de haute couture et de haute voltige. Son savoir-faire rayonnera dans plus de 240 pays grâce à la plateforme. 

Bien sûr, impossible de savoir lors de notre entretien jusqu’où exactement s’est rendu le créateur de la marque MRKNTN dans la compétition, mais il a précisé en entrevue avec Métro avoir participé à «plusieurs» épreuves… (les points de suspension sont de lui). À nous d’y aller de nos déductions!  

Le créateur s’est par ailleurs dit soulagé de ne plus devoir taire sa présence au sein de l’actuelle cohorte, lui qui n’est pas très secret dans la vie. 

C’est donc en même temps que les mordus de l’émission qu’il découvrira le contenu de la saison 3 de Making the Cut, lui qui n’a pas vu la moindre scène du tournage qui a eu lieu en décembre passé.  

Style disparate 

«Disparate, skatewear, youthful » (disparate, inspiré du skateboard, jeune, en français): trois adjectifs que l’émission a employés pour décrire l’esthétique du prêt-à-porter haut de gamme de MRKNTN. Markantoine avoue ne pas avoir été séduit par le terme disparate. Or, en relisant une brève définition (anglaise) du mot — essentially different in kind ; not allowing comparison (essentiellement différent de nature; ne permettant pas la comparaison, en français) —, il s’y est bel et bien identifié.

«Dans ce que je fais, j’aime être dans mon monde et raconter une histoire dans chacune de mes collections, à travers les couleurs, les vêtements, les accessoires, le stylisme des mannequins durant les fashion shows.» 

L’envie de s’éclater 

Il l’affirme sans la moindre hésitation : sa plus grande réussite dans le cadre de Making the Cut, c’est d’y avoir participé. Puis, c’est d’avoir pu s’éclater en créant — il estime d’ailleurs que c’est de l’éclat dont bien des gens auront envie au sortir de la pandémie. «J’avais envie de faire des choses plus complexes, plutôt que des choses plus faciles dont les gens ont eu besoin pendant la pandémie. Aller dans l’éclaté, ça m’a fait beaucoup de bien. Et j’espère que ça vous fera du bien, à vous aussi.»  

Designers « merveilleux » 

Échanger avec des designers de partout dans le monde — Suisse, Angleterre, Chine, République dominicaine, Brésil, etc. — aura été à ses yeux l’une des expériences les plus enrichissantes de son parcours à Making the Cut.  

«Des gens merveilleux qui n’avaient pas nécessairement la même vision que moi, mais qui avaient la même passion que moi.»  

Et le rythme — effréné — de création a aussi constitué une expérience mémorable, mais pour d’autres raisons. «Quand on dit qu’on a 24 ou 48 heures pour faire deux outfits à la télévision, c’est la vraie vie. C’est peut-être même moins de ça, des fois. Faut pas chômer!» Une pression pouvant d’ailleurs s’apparenter à celle ressentie lors des heures précédant un défilé, fait-il observer.  

Heidi Klum et Time Gunn… comment sont-ils?   

Cette curiosité ne sous semble guère malvenue : côtoyer la mannequin de renommée internationale Heidi Klum et Tim Gunn, autre icône de la mode, comment c’était? Si Markantoine n’avait pas vraiment l’occasion de discuter avec l’animatrice à l’extérieur des jurys, il ne tarit pas d’éloges envers celui qui joue un rôle de mentor auprès des candidats et candidates.  

«Tim est probablement la personne la plus gentille du monde entier », lance spontanément le créateur. « Il inspirait confiance aux gens durant la compétition. Il avait envie de nous voir triper, et il voulait triper avec nous. J’ai eu un méga coup de cœur pour lui dans l’émission et j’ai très hâte de le revoir dans ma vie, d’échanger de nouveau avec lui. Je suis sûr que ça arrivera bientôt.» 

Croître à la maison et à l’international

La diffusion d’envergure de Making the Cut influencera fort probablement l’avenir de la marque MRKNTN. Comment son fondateur l’imagine-t-il? «Dans le meilleur des mondes, on présentera dans un an ou deux à la Semaine de la mode de Paris», expose celui qui aspire aux passerelles parisiennes. Il séjournait justement dans la Ville Lumière en juin dernier afin d’y présenter «en showroom» une quarantaine de pièces issues de Flaming’o, sa collection printemps/été 2023, au Palais de Tokyo, dans le cadre de TRANOÏ, une invitation de la Fédération de la haute couture et de la mode.  

Il désire croître à l’international, tout en restant (et en croissant) au Canada, tout en embauchant des talents québécois. Celui qui est aussi chargé de cours au Collège LaSalle (et qui entend bien continuer à enseigner) veut également prouver qu’on peut réussir à l’étranger en gardant une entreprise ici. 

Laissons-nous sur un ultime indice distillé par Markantoine lors de notre entretien : pendant l’une des épreuves franchies à Making The Cut, il a travaillé sur un thème «intense», mais qu’il connaissait bien, « comme [il] vien[t] du Nord »… Il n’en révélera pas davantage! Plus que quelques semaines avant de découvrir où ses coups de ciseaux agiles et ses patrons hors normes le mèneront. 

Page Instagram de Markantoine 

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