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Chichén Itzá, véritable merveille du monde

Geneviève Décarie, Guides de voyage Ulysse

Chichén Itzá se trouve au cÅ“ur de la grande plaine du nord de la péninsule du Yucatán. Ce site archéologique est le plus visité de toute la péninsule yucatèque. D’importants travaux de restauration ont permis de dégager les palais et les temples, qui étaient couverts de végétation. On y accède depuis Cancún en voiture ou en autocar, sur une route bien revêtue, ou même par avion. La zone archéologique se trouve à 179 km de Cancún. Sur près de 15 km2 s’étalent de nombreux temples et édifices témoins d’une époque où Chichén Itzá régnait sur tout le nord de la péninsule.

La cité de Chichén Itzá est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et compte parmi les sept merveilles du monde depuis juillet 2007. C’est l’un des sites les mieux restaurés de la péninsule et aussi l’un des plus importants. Certains des édifices sont toutefois toujours enfouis sous une épaisse couche de végétation.

Très visité
Le site de Chichén Itzá est très visité. Le jour, il y a carrément foule. Le meilleur moment pour découvrir les charmes de la cité est tôt le matin, avant les grandes chaleurs du jour, et surtout avant l’arrivée des cars remplis de touristes (vers 11 h). Vous jouirez aussi d’une plus grande latitude pour admirer le somptueux Castillo, le gigantesque terrain de pelote ou le groupe des Mille Colonnes. Si vous êtes de passage au moment de l’équinoxe de printemps ou d’automne, vous pourrez assister à la «descente du serpent».

Nombreux services
Le site de Chichén Itzá est ouvert tous les jours de 8 h à 17 h; l’entrée coûte 90 pesos. À l’orée du site, on trouve un restaurant, un cinéma gratuit, un petit musée (gratuit, avec explications en français), une librairie et de nombreuses boutiques de souvenirs. Il y a aussi une consigne gratuite, des toilettes et un vaste stationnement (10 pesos par jour). Si vous décidez de louer les services des guides sur place, il vous faudra suivre leur cadence accélérée. Pour l’utilisation d’une caméra vidéo, il faut compter des frais supplémentaires.

Chaque soir, on présente à Chichén Itzá un spectacle son et lumière. Comme le site est presque entièrement à découvert, il est impératif de se munir d’un chapeau ou d’une casquette, de crème solaire, d’une bouteille d’eau et de lunettes de soleil avant de s’y rendre. De bonnes chaussures de marche ne sont pas superflues.

Situé à quelques kilomètres du site archéologique, le village de Pisté est une sorte de prolongement commercial de Chichén Itzá. On y trouve une gare routière, des boutiques d’artisanat, des restaurants, des hôtels, un terrain de camping, une station d’essence et une banque.

Un peu d’histoire
Chichén Itzá est incontestablement la plus impressionnante ville archéologique du monde maya. À ses débuts un petit village connu sous le nom d’Uucyl Abnal, Chichén Itzá demeura un lieu de pèlerinage jusqu’à l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle. La cité fut pendant trois siècles, de 900 à 1200 de notre ère, le centre du pouvoir d’une grande ville-État qui régnait sur toute la région. Son nom maya signifierait «la bouche du puits des Itzás».

Le premier terme, Chichén, fait référence à la cénote sacrée, un grand puits naturel comme on en trouve partout dans la péninsule. Le terme Itzá fait référence aux puissants hommes mi-historiques, mi-mythiques qui y régnaient à son apogée. La cité de Chichén Itzá est érigée à mi-chemin entre les côtes orientale et occidentale de la péninsule.

Sa position géographique lui donnait accès aux grandes salines de la côte nord; de son port de mer, situé dans l’île de Cerritos, les bateaux naviguaient entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Sa suprématie militaire et politique lui permettait d’étendre sa domination sur les terres fertiles de la plaine, et, à son apogée, Chichén Itzá contrôlait d’importantes routes terrestres.

Origines nébuleuses
Malgré les nombreux travaux de conservation et de reconstruction qu’elle a subis, Chichén Itzá conserve toujours ses secrets, notamment celui de ses occupants. Les Itzás ont suscité plusieurs théories quant à leurs origines, leurs influences et leurs conquêtes. Les grandes peintures murales et les bas-reliefs des colonnes ont maintes fois confirmé une interprétation du passé qui s’avéra infirmée par la suite.

Les écrits que les Mayas nous ont laissés contredisent l’interprétation actuelle des hiéroglyphes sculptés sur les linteaux des édifices. L’interprétation traditionnelle soutient que la cité de Chichén Itzá fut conquise par les Toltèques venus de Tula, leur capitale, située au centre du Mexique. Mais des voix dissidentes clament que le mouvement d’influence s’est fait de Chichén Itzá vers Tula, et non l’inverse. Le directeur des dernières recherches sur le terrain conclut qu’il est fort possible que plusieurs groupes d’origines différentes aient participé au contrôle politique, militaire et économique de Chichén Itzá.

Pour s’y rendre
De Cancún, des autocars de première ou deuxième classe partent toutes les heures pendant la journée en direction de Chichén Itzá. Le trajet peut, selon le type d’autocar, durer de deux à trois heures. Le dernier autocar du soir en partance de Chichén Itzá pour Cancún quitte la gare routière de Pisté à 23 h. Vérifiez l’horaire, car il change fréquemment.

Pour s’y rendre en avion, la compagnie Aerosaab propose des vols aller-retour dans la même journée au départ de Cancún, de Cozumel ou de Playa del Carmen vers Chichén Itzá. Les prix varient selon le point de départ et le nombre de passagers. À l’arrivée, des taxis conduisent les visiteurs au site archéologique. Aerosaab loue aussi ses services de vol à l’heure pour des excursions «à la carte» dans la péninsule du Yucatán ou vers les îles côtières (environ 300 $ l’heure).

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