Évasion, loisirs et plein air
15:16 16 août 2015 | mise à jour le: 1 septembre 2015 à 16:02 Temps de lecture: 3 minutes

Au cœur de Paris, un vignoble secret sur la butte Bergeyre

Au cœur de Paris, un vignoble secret sur la butte Bergeyre
Photo: AFP PHOTO / ERIC FEFERBERGA gardener employed by the city of Paris inspects a bunch of grapes in the vineyard of the Butte Bergeyre in Paris on August 11, 2015. The small northeastern parisian vineyard produces few dozen bottles of rose each year. AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Il n’y a pas qu’à Montmartre que la vigne pousse à Paris: perché à côté du parc des Buttes-Chaumont, le mini-vignoble de la butte Bergeyre produit assez de raisin pour remplir quelques dizaines de bouteilles de rosé chaque année.

Accrochés à flanc de colline dans un petit jardin municipal du nord-est de la capitale, les 230 pieds de vigne ont une vue imprenable sur le Sacré-Cœur au loin.

« On aura sûrement une bonne récolte cette année, car la vigne résiste à la sécheresse », prévoit Laurent Guyot, agent de maîtrise horticole à la mairie de Paris.

L’an dernier la vendange avait été exceptionnelle, avec plus de 380 kilos de raisins blanc (Chardonnay, Muscat) et rouge (Pinot noir). De quoi produire une petite cinquantaine de bouteilles de rosé.

Cette vigne urbaine est née de la curiosité d’un jardinier municipal, qui décide, un jour de 1995, de planter un pied de vigne dans la terre du charmant square en pente.

Le jardin, fermé au public en raison de sa « trop forte déclivité », est bichonné par les agents de la mairie. Un magnifique potager y produit tomates, concombres, aubergines, potirons, figues, maïs ou encore pommes de terre.

Les ceps s’y plaisent rapidement, mais la vigne ne produit une récolte digne de ce nom que depuis 2010.

Le plus bio possible
Au fil des années, les jardiniers municipaux ont perfectionné les soins qu’ils lui apportent, pour éviter au maximum les maladies.

« Les nouveaux pieds viennent de variétés spécialement étudiées par l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) pour avoir moins besoin de traitements chimiques », explique M. Guyot.

Objectif: produire « le plus bio possible ». En quelques années, le nombre de traitements annuels de la vigne est passé de 20 à 7, et les jardiniers n’utilisent plus que des produits de « biocontrôle » sans produits chimiques, alternatifs aux pesticides.

Pour les vendanges, une dizaine de jardiniers sont mis à contribution. « Pour nous, c’est une fête », sourit M. Guyot.

La vinification se fait sous la direction d’une œnologue aux chais de Bercy, près de la Seine dans l’est de la capitale, comme pour les autres vins produits à Paris, à l’exception de ceux de Montmartre, qui possède sa propre cave.

Outre ceux des buttes Montmartre et Bergeyre, la capitale compte trois autres vignobles, dans les quartiers de Bercy, Belleville et au Clos des Morillons dans le 15e arrondissement.

A eux tous, ils ont produit l’an dernier plus d’un millier de tonnes de raisin, dont la majeure partie à Montmartre (676 kilos).

Le vin fabriqué au pied du Sacré-Coeur est d’ailleurs le seul à être vendu, et ce en faveur d’oeuvres sociales. Les autres bouteilles, dont celles de la butte Bergeyre, sont ouvertes lors de dégustations organisées à l’occasion de la fête des jardins, fin septembre.

La mairie de Paris mettra bien ses vignobles à l’honneur, en organisant à l’automne sa première fête des vignes.

Articles similaires