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Une nuit au Village des neiges

Raides, raides, raides. Complètement raides. Mes bottes étaient si raides que j’avais du mal à les enfiler, assis sur le bord de mon lit de glace à 7 h 30. Après une nuit passée au Village des neiges, je m’attendais à ce qu’elles soient froides, certes, mais pas aussi dures! Mais peut-être y avait-il une raison derrière tout ça. Flash-back.

Vendredi soir. Après avoir viraillé quelque peu pour trouver l’entrée du Village des neiges – qui est pourtant juste derrière le métro Jean-Drapeau –, m’y voilà enfin. Une petite neige tombe, ajoutant à l’excitation du moment. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on mange dans un resto de neige et qu’on passe la nuit sur un lit de glace!

Cette année, le thème du Village est Montréal. En pénétrant dans le lobby de l’hôtel, où l’éclairage bleuté nous amène à tester tous les modes de notre appareil photo, on est accueilli par une sculpture de la ville. Jusqu’à 21 h, les visiteurs peuvent faire le tour de toutes les chambres de l’établissement. Certaines, thématiques, valent le détour, comme celle agrémentée d’une réplique en glace de la coupe Stanley. Cinq igloos seront aussi disponibles dès mercredi, jour où le Village des neiges ouvre officiellement ses portes et présente sa programmation pour cette première saison.

Les 25 chambres de l’hôtel (numérotées de -1 à -25, un beau clin d’œil) sont situées dans trois couloirs. Les simples rideaux qui font office de portes semblent bien minces, mais sous le dôme de neige, la nuit venue, c’est le silence complet.

Après un saut au chouette bar de glace où on nous sert un cocktail de bienvenue (Amarula, crème, lait et coca-cola dans un verre de glace), on se dirige vers le restaurant. Retour au bar (il faut bien se réchauffer les pieds en dansant et se réchauffer l’âme en avalant un café aromatisé), où les cocktails maison sont délicieux mais – ça n’a rien pour étonner – un peu dispendieux.

Après s’être enfilé quel­ques verres derrière le foulard, on oublie le froid et on se dirige vers le spa. Celui-ci contient quatre bains à remous qui, si la tempête ne fait pas rage, offrent une vue sur la ville. Se réchauffer et relaxer avant la nuit, alors qu’il fait -10 oC à l’extérieur, est fort agréable.

Une fois quelques couches de vêtements secs enfilées pour la nuit, on se dirige vers la chambre -1. L’équipe nous a préalablement donné quelques conseils pour passer la nuit et nous a remis un sac de couchage qui tolère des températures allant jusqu’à -30 oC. Aucun problème ici puisque, peu importe la température extérieure, celle des chambres est gardée entre -2 et -5 oC.

Sur le lit de glace format king, un petit matelas et une fausse fourrure nous permettront de passer une nuit «confortable». Reste à se faufiler dans notre gaine de coton, puis dans notre sac de couchage afin d’exposer le moins de peau possible au froid.

Le personnel nous réveille à 7 h 30. Les chambres doivent être libérées pour 8 h, afin qu’on ait le temps de les préparer pour les visites qui débutent à 9 h. Oui, c’est brutal, surtout qu’on dormait étrangement bien – moi le ronfleur, du moins! –, mais après tout, on ne pensait pas vraiment faire la grasse matinée ici!

Raides, raides, raides. Complètement raides. Mes bottes étaient si raides que j’avais du mal à les enfiler. Petit conseil : si vous faites un saut au spa avant le dodo, n’enfilez pas vos bottes en sortant pour courir jusqu’au chalet…

  • Restaurant


Un repas au froid

En s’attablant au restaurant de glace Pommery, on ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux. Sur les murs de neige de la salle à manger ronde, de larges étoffes sont disposées pour créer l’impression de fenêtres. Au centre, une sculpture de glace décore l’endroit. Le menu a été pensé par Eric Gonzalez, chef exécutif à l’Auberge Saint-Gabriel.

Sur nos bancs de glace, on est curieux de goûter le menu 3 services (le menu 5 services sera retiré sous peu puisque les clients trouvaient l’expérience un peu longue, assis au froid). Le menu est fixe et le restera tout l’hiver. On nous sert d’abord un potage de courges butternut, avec «chantilly» à la truffe noisette et lard croustillant. Délicieuse, la soupe est toutefois froide dès la deuxième cuillerée (on peut aussi choisir un gravlax de saumon en entrée). Moins pire toutefois que notre bouteille de vin rouge, qui est déjà glacée!

Vient ensuite le plat de résistance, un braisé de cerf au vin rouge qui est parfait pour l’occasion. Un vrai plat réconfortant. La pièce de viande est si imposante qu’elle demeurera chaude jusqu’à la fin. La purée de pommes de terre, servie dans une minicocotte, ne refroidit pas non plus.

Bémol pour le dessert, une omelette norvégienne savoureuse mais remplie de crème glacée. On aurait préféré un bon pouding chômeur chaud à ce moment de la soirée où nos pieds et nos jambes commencent à être gelés puisqu’on reste immobile. Il est possible de manger au restaurant sans réserver de nuitée. Les places s’envolent très rapidement. Le menu 3 services coûte 59 $ par personne.

Village des neiges 101

Quelques conseils pour votre nuit au Village des neiges :

  • Changer tous ses vêtements tout juste avant de dormir. Le corps produit de l’humidité toute la journée, laquelle qui peut se révéler très inconfortable durant une nuit polaire. Au bar, on nous a même conseillé de dormir nu comme un ver dans son sac de couchage. Nous n’avons pas osé…

  • Porter des pantalons de neige. Ne soyez pas coquet, c’est un must si vous passez la nuit au bar.

  • Ne pas réserver pour plus d’une nuit. À votre réveil, vous serez heureux d’avoir vécu l’expérience, mais vous ne voudrez peut-être pas la répéter. Combattre le froid draine beaucoup d’énergie. Vous serez heureux de retrouver votre lit chaud.

  • Prévoir une tuque, un foulard et des mitaines de rechange. Dans votre sac, au casier, ils resteront au chaud et au sec.


Les frais d’hébergement et le repas ont été défrayés par le Village des neiges.

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