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Un chalet mobile tout confort

Photo: Andréanne Chevalier/Métro

Parmi les amateurs de camping, ceux qui optent pour un véhicule récréatif (VR) passent rarement inaperçus.

Et pour cause. Difficile de camoufler ce chalet mobile qui nous trimbale sur la route! Alors que 34 % des «campeurs voyageurs» québécois* adoptent la pratique du camping en VR, Métro a tenté l’expérience de la location d’une autocaravane, le temps d’une fin de semaine.

Escapade dans le Bas-Saint-Laurent, en trois étapes.

Chez le concessionnaire
Les premiers instants chez le concessionnaire, sur la Rive-Nord de Montréal, se déroulent comme pour la location d’une voiture : explication des règles à respecter, paiement et signature.

La différence se vit ensuite, alors qu’on nous dirige vers notre hébergement mobile, un véhicule de Classe C, long de 24 pieds. Celui-ci pourrait accueillir quatre passagers, comme en fait foi le nombre de ceintures de sécurité présentes.

Après l’inspection extérieure du véhicule, le locateur se lance dans l’explication du fonctionnement du mastodonte et offre un tour de familiarisation des différents appareils qu’il contient. Plusieurs commodités sont identiques à celles dont on dispose à la maison (micro-ondes, grille-pain, poêle et four au gaz propane, frigo). D’autres nécessitent un apprentissage et une bonne mémoire, comme le branchement de l’eau (notamment pour la douche et la toilette) et de l’électricité. Parmi les éléments les plus surprenants du bolide, le grand lit, qui se déploie après qu’on a actionné une rallonge sur le côté du véhicule.

Près de deux heures après avoir franchi le seuil du bureau du concessionnaire, et à peu près certains d’avoir apprivoisé notre chez-soi temporaire, nous sommes prêts à partir.

Tous ceux qui possèdent un permis de conduire de classe
5 (celui attribué pour un véhicule de promenade – une voiture) peuvent conduire une autocaravane, peu importe sa grosseur ou son modèle. Il est toutefois nécessaire d’adapter sa conduite à la largeur, la hauteur et la longueur du véhicule, et de bien positionner et utiliser les rétroviseurs. En outre, tout ce qui est à l’intérieur doit être bien rangé, pour éviter que les objets se déplacent en cours de route. Malgré cela, quelques bruits non identifiés derrière nous sont un peu inquiétants  – mais s’avèrent inoffensifs – et nous accompagnent en route.

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De Montréal au Bas-Saint-Laurent, la route est longue. Nous remarquons plus que d’habitude les haltes routières. Ça tombe bien : celles-ci nous donnent l’occasion de fraterniser avec d’autres voyageurs en motorisé, qui nous apprennent quelques trucs. Comme ce sympathique quatuor qui se dirige vers le festival western de Sainte-Béatrix, dans Lanaudière, et qui semble heureux de constater que des «jeunes» tentent l’expérience du VR.

En revanche, grosse surprise à la station-service. Le véhicule boit, encore et encore… il avale 146 litres pour un premier plein. Gros véhicule, gros réservoir, ça va de soi. Le choc de cette première fois passé, nous renouons avec le bitume.

Au camping
Les inquiétudes sont vite dissipées lorsque nous constatons que le site est suffisamment grand et droit pour y stationner aisément le VR. De plus, le branchement de l’électricité et du boyau pour l’eau est simple à réaliser. Nous déployons la rallonge qui permet d’avoir le grand lit. Le confort est indéniable. Tellement qu’en tant qu’habitués du camping sous la tente, nous en sommes déstabilisés. Le résultat est complètement différent. On se sent plutôt comme dans un miniappartement entouré d’épinettes qu’en communion avec la nature. Pas besoin de chercher les lampes de poche pour un éclairage approximatif; l’interrupteur pour la lumière est au bout de nos doigts. Pas besoin non plus de craindre de se lever la nuit dans le froid et la noirceur pour aller aux toilettes; celles-ci sont à deux pas, dans la chaleur douillette du VR. Pas davantage de souci à propos des animaux qui tenteraient de s’emparer de notre nourriture ou de notre dentifrice, ni de craintes par rapport à la pluie. Le cocon est étanche.

Le lendemain, désireux de partir faire une randonnée sur les sentiers du parc national, nous constatons que les déplacements courts ne sont toutefois pas très pratiques avec ce genre de véhicule. Tout doit être rangé de nouveau et débranché, avant de reprendre le volant pour franchir les quelques kilomètres à l’intérieur du parc qui nous séparent du sentier.

Avant le retour à Montréal, la vidange des eaux grises et noires est plus aisée à faire que nous l’aurions imaginé. Nous reprenons finalement le chemin, fiers d’avoir maîtrisé le curieux mastodonte et ses exigences.

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Pourquoi choisir le VR?
«La principale raison pour laquelle les gens choisissent le VR, c’est qu’il permet de voyager sans être toujours dans ses valises, affirme Louise Gagnon, directrice des communications à la Fédération québécoise de camping et de caravaning (FQCC). Pour les gens qui en font beaucoup, c’est comme un chalet mobile. Le VR convient à ceux qui n’aiment pas habiter dans un motel ou un hôtel.»

Mme Gagnon fait état de l’aspect économique des vacances en VR, dépendamment du type de véhicule choisi. Car sept types de VR existent, de la roulotte au motorisé Classe A gros comme un autobus. «Pour une famille, c’est rentable, à 60 000$ ou moins pour un classe C», poursuit-elle.

Par contre, «dans le cas d’une location, c’est plutôt un choix personnel, nuance Mme Gagnon. L’aspect économique n’entre plus en ligne de compte. Surtout que les prix augmentent souvent en haute saison. Mais tu te dis que tu vas vivre un trip que tu ne vivrais pas autrement.»

Trucs et conseils
Métro a demandé à Louise Gagnon, de la Fédération québécoise de camping et de caravaning, ses trucs et conseils pour les gens qui souhaitent tenter l’aventure du VR.

  • Louer avant d’acheter.
  • Dans l’optique de l’achat, il faut idéalement être un peu bricoleur et ne pas perdre de vue l’aspect technique.
  • Il faut aimer conduire et être à l’aise avec ce type de véhicule.
  • Il ne faut pas avoir peur du propane.
  • Il faut s’entendre avec sa douce moitié, parce que, «généralement, c’est une affaire de couple, il faut que les deux aiment ça.»
  • Il faut aussi prévoir un itinéraire qui compte un peu de déplacements tous les jours et bien planifier ses sorties, pour éviter les allers et retours inutiles. «Il ne faut pas se rendre compte qu’on a oublié la pinte de lait une fois tout installé au camping.»

*D’après une étude effectuée par la Chaire de Tourisme Transat de l’École de gestion de l’Université du Québec à Montréal sur la pratique du camping au Québec en 2012. Ce chiffre exclut les campeurs saisonniers, qui installent leur équipement sur un terrain pour toute la saison ou pour une grande partie de celle-ci.

La rédaction de cet article a été possible grâce à Liberté en VR.

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