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Lima, la «ville des rois»

Alain Legault, Guides de voyage Ulysse

Ravissante cité espagnole à l’époque de la vice-royauté du Pérou, Lima attisait l’envie de bien des gens. De splendides constructions coloniales bordaient ses rues, offrant à la vue une harmonieuse perspective que le regard embrassait sans s’accrocher nulle part, sauf à certains endroits où se dressaient des édifices encore plus magnifiques ayant pignon sur deux rues.

Au cours des siècles, elle fut hélas convoitée, attaquée, blessée, assiégée, violée, mutilée, mise à sac et à demi ruinée. Il va sans dire que le résultat fut catastrophique. Aujourd’hui, la capitale du Pérou, une ville tentaculaire, court dans toutes les directions. Environ neuf millions d’habitants y grouillent, soit le tiers de la population du pays. Par rapport à sa splendeur passée, Lima n’est plus qu’une monstrueuse agglomération, noyée environ deux mois par année dans un brouillard appelé la garúa. Aucun vestige inca n’y subsiste, et les véhicules de tout acabit se croisent à des vitesses ahurissantes sous le bruit assourdissant des klaxons.

Toutefois, malgré tous ses désagréments, elle parvient encore à enflammer l’imagination des visiteurs nostalgiques, qui aiment déambuler dans ses vieux quartiers ayant gardé un parfum de l’ère coloniale, celui d’une époque faste mais révolue.

Attraits à découvrir
Préférant se rendre immédiatement à Cusco, Nasca, Arequipa ou au lac Titicaca, peu de voyageurs décident de passer plus de deux ou trois jours à Lima. Il est toutefois difficile d’apprécier et de visiter la capitale en quelques jours, en raison des grandes distances qui séparent ses différents attraits. La ville est divisée en de nombreux quartiers plus ou moins anciens, qui possèdent leur propre identité et où le meilleur peut côtoyer le pire.

Lima Centro
Lima Centro regroupe la majorité des attraits susceptibles d’intéresser les visiteurs. Sachez que la plupart des églises de la vieille ville datent du XVIIIe siècle, car très peu de monuments antérieurs à cette époque ont survécu au mémorable séisme de 1746. Malgré la destruction de nombreux bâtiments historiques, Lima Centro fut tout de même ajouté à la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce patrimoine colonial mal conservé se dégrade tristement depuis une trentaine d’années. En 2002, les autorités municipales ont enfin mis en Å“uvre un programme de travaux pour réhabiliter le centre historique.

La Plaza de Armas est reliée à la Plaza San Martín par le Jirón de la Unión, une rue étroite mais très animée de la vieille ville. La Plaza San Martín fut construite en 1921, quelque 100 ans après la déclaration d’indépendance du général San Martín. Une statue qui le représente à cheval est hissée en haut d’une colonne, au centre de la place qui porte aujourd’hui son nom et perpétue son souvenir. Les édifices qui l’entourent arborent un style architectural néoclassique.

Le Museo de la Casa de la Inquisición attire bon nombre de curieux venus frémir devant les horreurs du passé. Cette maison fut édifiée à l’époque où le tribunal de l’Inqui­sition, qui sévissait alors en Europe, s’implantait au Pérou, annonçant une pé­riode de grande noirceur dans la déjà tragique histoire du pays. La Casa de la Inquisición logeait ainsi jadis de sinistres personnages qui faisaient subir de terribles supplices à de pauvres victimes qui, généralement, ne savaient ni le pourquoi ni le comment du châtiment qu’on leur infligeait. Un coup d’Å“il rapide sur les instruments de torture archaïques disposés çà et là permet aux visiteurs d’imaginer, non sans angoisse, le triste sort réservé aux suppliciés.

Miraflores
Le quartier animé et huppé de Miraflores se trouve à un peu moins de 10 km de la Plaza de Armas et est l’endroit où sont concentrés les meilleurs restaurants, les centres commerciaux, les cafés, les bars ainsi que les salles de théâtre et de cinéma de la ville.

Pueblo Libre
Le quartier de Pueblo Libre n’est pas en soi très intéressant, mais il abrite quelques musées qui exhibent la richesse du patrimoine ancestral péruvien. Le Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú présente au public la quintessence de l’histoire péruvienne, depuis les origines jusqu’à l’époque moderne, grâce à différentes salles d’exposition qui permettent aux visiteurs de se familiariser avec les nombreuses cultures qui se sont peu à peu fondues entre elles au cours des âges pour former le Pérou d’aujourd’hui. Près de 95 % des pièces qui s’y trouvent sont des originaux. Une aile de la demeure coloniale qui abrite le musée fut la résidence du dernier vice-roi, et par la suite des libertadores Simón Bolívar et José Francisco de San Martín; elle présente des tableaux, des meubles et des habits de l’époque.

Le Museo Rafael Larco Herrera abrite quant à lui de nombreuses pièces archéologiques en terre cuite qui constituent une imposante collection de poteries appelées huacos. Au total, environ 80 000 objets de céramique furent exhumés, au cours de fouilles licites ou illicites, des nombreux cimetières préincas disséminés un peu partout dans le désert côtier.

Barranco
À la nuit tombée, dans le quartier de Barranco, situé en bordure de mer, il y a un je-ne-sais-quoi dans l’air qui attise l’imagination des âmes romantiques et confère un attrait mystérieux à l’animation nocturne à laquelle prennent part des artistes et des gens du monde du spectacle.

Puente de los Suspiros plaira aux esprits romanesques et à ceux qui veulent bien se prêter à son jeu. Il s’agit d’un pont de bois qui enjambe une petite rue et que, pour respecter les us et coutumes de la région, on doit traverser en retenant son souffle tout en faisant un vÅ“u.

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