Vienne: Les nouveaux habits de l'impératrice autrichienne…
Les clichés ont la vie dure. Prononcez «Vienne», et surgiront des images de bals, de Sissi, de Johann Strauss, voire de Freud. Sans renier ses traditions auxquelles les Viennois restent très attachés, la capitale autrichienne a vu fleurir ces dernières années de nouveaux quartiers et établissements modernes, voire carrément branchés, où il fait bon se promener le temps d’un week-end.
Le 7e arrondissement est celui qui bouge le plus en journée : on peut facilement parcourir la plupart des bonnes adresses ci-dessous à pied. C’est le meilleur moyen pour prendre le pouls d’une ville.
Explosion d’art moderne
Épicentre du dynamisme viennois, le Museums Quartier, centre culturel plutôt branché art moderne, construit dans les anciennes écuries impériales. La façade de 1723 cache l’imposante bâtisse grise du musée d’art moderne (MuMok), qui propose en ce moment une exposition de l’Américain Cy Twombly.
Le musée Léopold abrite des trésors de Klimt, Schiele et Kokoschka, tandis que
la belle Kunsthalle propose des concerts, des conférences et des performances. Le rendez-vous «Kultur Schock», sorte de minifestival de danse, de musique et de théâtre, a fait des émules à l’étranger (www.mqw.at).
Autour de ces bâtiments aux lignes épurées se trouve le «quartier 21», où sont alignés des associations culturelles, des salles d’exposition et des cafés, une boutique dédiée à la «lomographie», une autre aux consoles vintage, des galeries de créateurs locaux et une discothèque où l’on peut composer sa propre compilation de musique made in Vienna (les catalogues des labels Cheap Records et G Stone, y sont disponibles pour les fondus d’électro) et la graver sur CD, légalement, pour 15 euros (www.musiktank.at)
Des cafés comme chez soi
Les cafés viennois méritent leur réputation «gemütlichkeit» (cosy, comme chez soi) : toutes les générations s’y retrouvent autour d’un savoureux mélange (café au lait local), dans des décors souvent pleins de classe.
Malgré les apparences, rien de guindé ou de poussiéreux ici : vous pouvez commander un café, prendre un journal sur un présentoir et rester tout l’après-midi si ça vous chante, personne ne vous chassera. Pour changer de ces charmants cafés traditionnels, on peut aller chez Phil, en face du beau Café Sperl qui date de 1880. Les fauteuils vintage, les livres, vinyles et DVD donnent l’impression d’entrer dans le salon d’un vieux copain.
Autre café incontournable, le Das Möbel (10, Burggasse), fréquenté par une clientèle jeune et décontractée : on peut y goûter un brunch roboratif sur des tables et des chaises qui sont toutes à vendre! Pour acheter des modèles neufs, il suffit d’aller au magasin du même nom (11, Gumperdorfestrasse).
Consommer utile
Il faut dire que Vienne regorge de ces endroits multifonctionnels, qui mêlent l’utile à l’agréable, le beau au bon. Le bio commence à envahir les étals, ne serait-ce qu’avec la marque Saint Charles, qui propose une boutique d’huiles essentielles maison et de cosmétiques, un salon de massage shiatsu et autres réjouissances à base de produits 100 % naturels. La déco, élégante et minimaliste, a intégré avec classe les armoires anciennes de la pharmacie qui s’y trouvait jadis (33, Gumpendorferstrasse, www.saint.info).
À Gabarage, on fait dans le design utile : les matériaux inutilisés dans les usines sont récupérés et recyclés en mobilier et en éléments de décoration. Mieux, les designers sont d’anciens toxicomanes ou prisonniers, qui peuvent ainsi exercer un métier et se réinsérer. Qui plus est,
les objets sont beaux (6, Schleifmühlgasse, Gabarage.at).
Juste à côté, les gourmands flâneront chez Babette’s, une librairie culinaire doublée d’une cuisine où l’on peut déjeuner ou suivre des cours (17, Schleifmühlgasse).
L’autre son de Vienne
Pour sortir le soir, le Flex reste LE club de la capitale, où les décibels finissent sur les rives du canal (Donaukanal/Augartenbrücke). Si on préfère passer d’un endroit à l’autre, on ira sous les arcades du Gürtel, ancien quartier mal famé devenu repaire branché.
Et quand on n’a plus un centime, on mange où? Là où la modernité n’a pas de prise. En sortant du musée Albertina, chez Trzesniewski (1, Dorotheegasse), qui propose toute une collection de tartines à 0,90 euros pièce. Ou pas loin du Staatsoper, au Bettelstent Student, taverne boisée appréciée des étudiants fauchés. Un peu partout, dans les kiosques à saucisses, pas chères et délicieuses. À toute heure et en toute saison, une bratwurst fumante, avec pain de seigle et moutarde douce, ça retape.