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Escapade à Newport: un avant-goût de vacances!

Rodolphe Lasnes - Guides de voyage Ulysse

À l’instar de beaucoup de centres de la Nouvelle-Angleterre, la belle et trépidante Newport a été fondée en 1639 par des colons européens en quête d’un endroit où ils pourraient exercer librement leur religion. Des protestants (désireux de «purifier les excès de l’Église d’Angleterre») et des familles juives comptèrent ainsi par­mi les premiers habitants de cette ville portuaire, qui ne tarda pas à se faire reconnaître pour son potentiel commercial. Située à la poin­te sud de l’île Aquidneck, elle fut dès lors appelée à devenir un des ports maritimes les plus importants de la Nouvelle-Angleterre et de la côte Est.

L’importance de Newport à titre de plaque tournante commerciale commença à décliner sous l’occupation britannique en 1776, puis sous l’occupation française en 1780 et en 1781, lors de la guerre d’Indépendance amé-ricaine. La ville redora toutefois son blason à la fin du XIXe siècle, lorsque l’élite économique du pays en fit l’endroit rêvé où passer la saison estivale.

De nos jours, la ville demeure un centre de tourisme et de plaisance prospère, et ses attraits apparemment innombrables attirent chaque été quelque trois millions de visiteurs. Des manoirs de l’âge d’or aux installations portuaires affairées, il faut bien compter un minimum de deux ou trois jours pour bien explorer Newport.

Midtown Newport
Vous vous retrouverez alors dans le quartier The Point de Newport, qui regroupe certaines des plus belles maisons coloniales du pays. Les fervents d’architecture voudront sans doute passer un long moment dans ce secteur, où on découvre entre autres un des 11 ma-noirs historiques sous les auspices de la Preservation Society of Newport County, soit la Hunter House, une construction coloniale érigée autour de 1748 et classée monument historique national. Jadis demeure de Jonathan Nichols, un marchand fort prospère, cette maison regorge de meubles et d’accessoires d’époque.

Le  Museum of Newport History fournit une initiation de choix à l’histoire de Newport et constitue un bon point de départ pour toute visite ultérieure. Vous y verrez des modèles réduits de bateaux, des tableaux, de l’argenterie coloniale ainsi que beaucoup d’autres vestiges et objets d’art décoratifs, sans oublier une projection de 10 minutes sur Bellevue Avenue telle qu’el­le se présentait à l’époque de l’âge d’or, et ce, dans un vieil omnibus (une voiture hippomobile du XIXe siècle).

La Redwood Library and Athenaeum, la plus vieille bibliothèque de prêts en Amérique du Nord, est un chef-d’œuvre architectural, d’autant plus qu’elle semble faite de pierres alors qu’elle est entièrement cons­­truite de bois teint en rouge. L’établissement ren­­­­ferme une collection d’ouvrages originaux du XVIIIe siècle.

Outer Bellevue Avenue et Ocean Drive
Un peu plus loin du centre, en bord de mer de Newport, ce secteur constitue à n’en point douter le clou de la visite de la ville. Il se parcourt préférablement à bicyclette, en voiture ou en transport en commun, à quoi vous ajouterez un peu de marche. Votre premier arrêt de-vrait être le siège social de la Preservation Society of Newport County. Cette société régit les 11 manoirs superbement entretenus de Newport ouverts au public, que vous pouvez atteindre, sauf pour deux d’entre eux, par Bellevue Avenue.

L’époustouflant The Elms est un des manoirs à ne manquer pour rien au mon­de. Ce chef-d’œuvre à colonnades est un joyau de l’âge d’or construit en 1901 par Edward J. Berwind sur le modèle du château français d’Asnières, qui date du milieu du XVIIIe siècle. Sa réalisation a coûté environ 1,4 million de dollars – une véritable fortune à l’époque. Le manoir arbore un su­blime escalier en marbre, d’immenses peintures mu-rales et des accents qui trahissent le goût indéniable de l’élite américaine d’alors pour les éléments décoratifs du temps des rois français Louis XV et Louis XVI.

Le manoir The Breakers est sans doute la plus im­pressionnante de toutes les propriétés qu’il vous sera donné de visiter. Cette de­meure de style Renaissance italienne de 70 pièces a été construite pour Cornelius Vanderbilt II, ancien président du New York Central Railroad et détenteur d’un des noms les plus illustres de la riche aristocratie économique de l’âge d’or. La maison a été bâtie dans le seul et unique but d’afficher la puissance sociale et fi­-nancière des Vanderbilt au XIXe siècle. Entre autres pièces dignes de mention, retenons un majestueux grand hall et un salon de musique décoré de marbre, d’albâtre et d’or. Quant aux pelouses qui entourent la maison, elles donnent directement sur les brisants de l’Atlantique.

Plus au sud sur Bellevue Avenue se dresse Rosecliff, la plus romantique des propriétés de Newport. Ce ma­noir à colonnes en terracotta blanche a d’ailleurs servi de décor à des films hollywoodiens tels que Gatsby le magnifique. Il repose sur 8 ha de jardins sculptés surplombant l’océan. L’intérieur est en outre incroyable, avec son salon Renaissance française, ses énormes lustres en cristal français et son imposante salle de bal. La maison a été construite en 1902 pour l’héritière des mines d’argent du Nevada, Theresa Fair Oelrichs, et on y a célébré nombre d’événements et fêtes spectaculaires pour l’élite sociale et économique de Newport.


La Cliff Walk

La Cliff Walk part du Memorial Boulevard et longe l’océan Atlantique. La vue splendide qui s’offre ici au regard n’a pas manqué d’attirer, vers la fin du XIXe siècle, de riches New-Yorkais qui s’empressèrent d’y construire leurs résidences d’été: ces fabuleux manoirs de Bellevue Avenue qu’on croise encore aujourd’hui sur la «promenade des falaises». Originellement simple piste en bordure du littoral, la Cliff Walk est devenue peu à peu un des grands attraits de Newport.

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