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Un bidet pour toutes les fesses?

Le bidet peut aussi diminuer les démangeaisons et l’inconfort au niveau du postérieur.
Le bidet peut aussi diminuer les démangeaisons et l’inconfort au niveau du postérieur. Photo: Getty Images/iStockphoto

Êtes-vous plus du type papier de toilette traditionnel ou bidet? On pose la question, car le bidet, ce système de nettoyage à l’eau après un passage au petit coin, est de plus en plus populaire au Québec. Certains disent même qu’une fois qu’on l’essaie, il n’y a plus de retour en arrière!  

À la base, un bidet, c’est une bassine dans la salle de bain à côté de la toilette, sur laquelle on s’assied pour laver nos parties intimes après nos besoins.  

Son utilisation s’était quelque peu perdue avec l’apparition du papier de toilette, mais elle revient aujourd’hui grâce aux systèmes qui s’installent directement sur la cuvette. Ainsi, plus besoin de bouger du trône pour qu’un jet donne un coup de propre à l’arrière-train.

(Ci-dessous, la version traditionnelle)

(Ci-dessous, la version moderne)

D’après les chiffres des fabricants américains Tushy et Brondell, la vente de bidets est maintenant 10 fois plus élevée qu’elle ne l’était avant le début de la pandémie. 

«Un bidet coûte moins de 100 $ et se trouve dans n’importe quelle quincaillerie, indique Marie-Sophie Berruex, propriétaire de Marie-SO, La Minimaliste, une entreprise qui aide les gens à désencombrer et à réorganiser leur maison avec un mode de vie à tendance zéro déchet. C’est facile à installer, même pas besoin de plombier, et ensuite, plus besoin d’acheter de papier de toilette.» 

Un produit écolo 

C’est la conscience écoresponsable récemment plus marquée et la popularité du mouvement zéro déchet qui expliquent, entre autres, la multiplication des bidets au Québec, selon La Minimaliste.  

On recommande de se procurer du papier de toilette réutilisable. Il s’agit de petits carrés de tissu que l’on garde à côté de la toilette pour essuyer l’eau et qu’on lave ensuite à la machine. Plusieurs artisans québécois en confectionnent. C’est un produit zéro déchet. Ce sont justement ces bouts de tissu qui font du bidet un produit écologiquement responsable. 

«Je lave mes lingettes de tissu une fois par semaine avec le reste des serviettes et tapis de bain. Aucune brassée supplémentaire», assure Marie-Sophie.  

La spécialiste du zéro déchet indique qu’à l’opposé, le papier de toilette traditionnel est beaucoup moins écolo.  

Des données du Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) montrent que chaque Canadien utilise en moyenne deux rouleaux de papier hygiénique par semaine. C’est donc près de quatre milliards de rouleaux qui sont envoyés aux égouts chaque année. Après avoir été filtré par les usines d’épuration d’eau, ce surplus de papier se retrouve malheureusement dans les sites d’enfouissement (qui débordent déjà). 

«Le produire nécessite des arbres, des produits chimiques, de l’énergie, de l’eau. Son traitement dans le système d’égouts crée aussi beaucoup de problèmes. Le bidet permet d’éviter tout cela.» 

Plus propre que du papier 

C’est aussi une question de propreté. 

«Si un oiseau s’échappe sur votre tête et que je vous donne un papier de toilette ou une bouteille d’eau et un linge, lequel des deux choisissez-vous pour nettoyer le dégât?», demande Mme Berruex. 

La réponse semble évidente.  

«Grâce à son jet d’eau puissant, le bidet nettoie très bien. Ne reste plus qu’à éponger l’eau avec un tissu», explique Marie-Ève Lupien, propriétaire de la compagnie de mouchoirs réutilisables Bateau bateau

Passer le cap du dédain 

Mme Lupien croit que le bouche-à-oreille a grandement participé à l’essor de popularité du bidet. «Les gens qui l’essaient l’apprécient. Ils en parlent autour d’eux en disant que c’est fabuleux!» 

Suffit effectivement d’un essai pour arrêter de le dédaigner complètement et l’adopter, croit également Marie-Sophie Berruex.  

«Il faut démystifier le bidet. Les gens pensent encore que c’est compliqué à gérer, mais une fois essayé, on voit à quel point c’est propre et hygiénique et on ne retournerait pas à autre chose», conclut-elle. 

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