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Quatre mythes sur la santé oculaire

Top view image of two kids lying on the floor and playing with tablet and smartphone watching movie or gaming. Mockup or template for web or application design. Photo: Getty Images/iStockphoto

Les enfants qui doivent utiliser une tablette à l’école hypothèquent-ils leur vision en raison de leurs longues expositions à la lumière bleue? À l’approche de la Journée mondiale de la vue, le 12 octobre, un optométriste déboulonne certains mythes et corrige quelques imprécisions.

Les explications de Frédéric Marchand, optométriste et vice-président de la bannière Visique.

Les écrans DEL sont dangereux
Sujet d’actualité s’il en est, l’exposition aux écrans comme ceux des ordinateurs, des tablettes et des téléphones intelligents fait l’objet de nombreuses recherches pour mieux en connaître les effets sur la vue et, plus généralement, sur la santé des gens, petits et grands. «Il n’y a pas encore vraiment de consensus à savoir si la lumière bleue est dangereuse pour les yeux, explique Frédéric Marchand. En tant qu’optométriste, j’aurais tendance à dire qu’avant de craindre les écrans, il faut penser à se protéger des UV, dont les effets néfastes sont, eux, bien documentés.» Selon lui, si on fait une comparaison grossière, «cinq minutes au soleil ont probablement autant d’effet sur les cellules de la rétine que deux semaines à regarder un écran DEL».

Les écrans causent la myopie
Ce sont moins les écrans eux-mêmes que la vision prolongée à proximité qui augmente les risques de myopie, selon ce que les recherches scientifiques actuelles permettent de conclure. «Ce qu’on sait, c’est que les populations plus industrialisées, l’école qui commence plus jeune et l’augmentation du temps passé à l’intérieur sont des facteurs qui favorisent le développement de la myopie», résume l’optométriste. Quoi qu’il en soit, il est quand même conseillé de limiter le temps que les enfants passent devant un écran. «Il faut aussi que les enfants aillent le plus possible à l’extérieur, ajoute-t-il. Dehors, il y a cette espèce d’effet visuel qui permet de porter le regard plus loin et qui habitue l’œil à mieux s’ajuster pour faire son focus.»

Tant qu’on voit bien…
«Si on voit bien, ça veut probablement dire qu’on n’a pas besoin de lunettes, indique Frédéric Marchand. Cela dit, ne pas avoir de problèmes de vision apparents ne signifie pas pour autant qu’on n’a pas une maladie oculaire sans symptômes, comme un glaucome.» Il est donc conseillé de prévoir une visite chez l’optométriste chaque année ou tous les deux ans. Les enfants devraient pour leur part se faire examiner bien avant de commencer l’école, soit vers six mois ou un an, et ensuite annuellement à partir d’environ trois ans. Certains problèmes de santé demandent aussi un suivi plus serré. C’est notamment le cas des diabétiques.

Les fameuses carottes!
«Il est vrai que manquer de bêtacarotène peut engendrer des maladies oculaires, mais ce n’est pas une chose qu’on voit ici au Québec avec notre mode de vie», tempère le spécialiste. Toutefois, il met en garde contre un certain engouement pour les suppléments et vitamines qui promettent une meilleure santé des yeux. «C’est vrai que certaines choses peuvent prévenir la dégénérescence maculaire, par exemple, mais ça ne fonctionne que pour un certain type de patient et avec un certain dosage», commente-t-il. Même chose en ce qui concerne les gouttes lubrifiantes pour les yeux secs, qui ne sont pas indiquées pour toutes les conditions. Mieux vaut donc ne pas s’improviser pharmacien et consulter.

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