Manger et boire local

Livraison de maisons… à domicile

Il y a quelques années, j’ai commencé à me renseigner sur l’existence d’une trousse d’autoconstruction. J’ai découvert un chapitre peu connu de l’histoire de la construction résidentielle nord-américaine : le catalogue des maisons préfabriquées de Sears. L’idée de vendre des maisons par correspondance semble bizarre de nos jours, mais ce moyen efficace de faire des affaires était très avantageux pour Sears. Aujour­d’hui présent dans la plupart des centres commerciaux nord-américains, ce grand magasin vendait la plupart de ses produits pour la maison par catalogue au tournant du 20e siècle.

À l’issue de la Première Guerre mondiale, l’importante croissance démographique a stimulé de façon spectaculaire la demande de maisons à prix abordable, de qualité et de construction rapide. Saisissant l’occasion de générer un volume élevé de ventes, Sears a produit son premier catalogue de maisons et de plans modernes. Celui-ci comportait 22 mo­-dèles allant de 650 $ à 2 500 $. Les deux principales gammes de maisons étaient précoupées en usine et expédiées en pièces détachées. La trousse comprenait tout : les clous, le papier de construction, la peinture, le vernis, le bois de charpente, les lattes, les bardeaux, les matériaux de couverture et les fenêtres. 

De 1908 à 1940, entre 70 000 et 100 000 maisons Sears ont été vendues et construites. Des décisions financières et une planification à court terme, plutôt que des stratégies de marketing déficientes ou un produit inférieur aux normes, ont provoqué la chute de la division de la construction domiciliaire de Sears. Les politiques de financement libérales ne tenaient pas compte de la possibilité d’une récession ni de la baisse de la demande après 1924.

Une tendance qui a évolué
Depuis, la préfabrication a progressé énormément. Les chefs de file de l’industrie de l’habitation qui cherchent de nouveaux marchés devraient réexaminer la leçon qu’on peut tirer de l’initiative de Sears. Il est possible de concevoir des maisons pour que le grand public les assemble facilement.

De plus, grâce à l’évolution de la technologie, des outils et des produits de construction, beaucoup ne craignent pas de rénover leur demeure et de construire leurs propres annexes. Ensuite, des travaux compliqués, com­me la plomberie et l’électricité, peuvent être confiés à des ouvriers spécialisés.

Ces maisons présentent un potentiel considérable d’exportation dans les pays développés et en développement. Comme les maisons canadiennes sont réputées pour leur qualité et leur facilité d’assemblage, nous pourrions exploiter ce créneau sur le plan international. Et à la veille de la retraite prévue des baby-boomers, le moment est tout indiqué pour lancer ou entreprendre un tel projet. À qui la chance?

Articles récents du même sujet