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Des malfaiteurs vandalisent une œuvre d’art public au parc du Bout-de-l’Île

Trois Cédric, deux corbeaux et un Renard de Jean-Robert Drouillard est sa deuxième œuvre dans l’arrondissement de RDP-PAT et a conçue en 2017. La première avait vu le jour en 2015. Photo: Yohann Goyat/Métro Média

L’œuvre de l’artiste québécois Jean-Robert Drouillard, intitulée Trois Cédric, deux corbeaux et un Renard a été la cible de malfaiteurs qui l’ont vandalisée au parc du Bout-de-l’Île. L’artiste se dit attristé par la nouvelle et trouve que son œuvre n’a désormais plus de sens.

Si le vandalisme est peu fréquent dans le quartier, cet acte a malgré tout provoqué un sentiment étrange chez son auteur.

«La colère m’a envahi, puis j’ai réfléchi et me suis rappelé à mes beaux souvenirs vécus lors de la sculpture dans ce parc. C’est une partie de moi qui est arrachée», a déclaré l’artiste Jean-Robert Drouillard.

Vandalisme

Deux des six sculptures en bois se tenant debout au bord du fleuve manquent désormais à l’œuvre. Aucune pièce n’a pu être retrouvée pour le moment.

Un acte qualifié de vol selon l’arrondissement de RDP-PAT qui tient à sensibiliser ses habitants à l’importance de l’art et de la culture.

«Chaque élément est essentiel à la compréhension même de l’histoire des sculptures. Aujourd’hui, même son titre n’a plus d’intérêt», explique Jean-Robert Drouillard.

«Ces arbres sont l’histoire même de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Je suis attaché à cet arrondissement et si l’occasion se présentait, je sculpterais une troisième œuvre.»

Jean-Robert Drouillard, artiste sculpteur.

Son sentiment est partagé dit-il, car ces œuvres étaient sculptées à même des arbres morts en 2017. Avec du recul, l’artiste parle même d’œuvres éphémères considérant le contexte dans lequel il les a crées.

«Au-delà du geste, je suis attristé, car c’est un beau parc et quelque chose s’y passe là-bas, se rappelle-t-il. C’est regrettable, c’était une œuvre proche de moi et de qui je suis.»

La restaurer?

Pour Jean-Robert Drouillard, il n’est pas possible de la restaurer. Tout l’intérêt de cette œuvre réside dans le fait qu’elle a pris vie dans le parc au sein même des troncs d’arbres malades.

Une expérience unique pour un artiste qui travaille en temps normal dans son atelier.

«Comment l’œuvre peut-elle encore continuer à vivre», lance-t-il. La restauration des deux sculptures vandalisées n’a plus de réel intérêt selon lui.

Composée de six sculptures en bois, l’œuvre n’a de sens selon lui que si tous les protagonistes de l’histoire artistique sont présents.

S’il fallait les restaurer, il devrait sculpter les œuvres dans son atelier et ensuite les repositionner à leur place, mais M. Drouillard n’est pas emballé par cette option.

La réalisation première de cette œuvre et l’histoire qui lui est propre vont au-delà de la restaurer.

Lors d’actes de vandalisme de ce genre, l’artiste doit recréer la sculpture dans son entièreté.

L’arrondissement de son côté est en pour-parlé avec l’artiste pour l’évaluation du coût de restauration, précise le service des communications.

À RDP-PAT, le dernier fait de vandalisme d’art public remonte à 2017. La sculpture de l’artiste Pascale Archambault avait été coupée à la scie à la chaine.

L’œuvre réalisée à même le tronc d’un arbre mort se trouvait dans le parc Pierre-Dagenais-dit-Lépine de Rivière-des-Prairies.

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