Ahuntsic-Cartierville

Un lot privé sème la discorde dans une ruelle d’Ahuntsic

Le lot privé s’étend sur 120 mètres entre les numéros 10741 et le 10851 du boulevard Saint-Laurent. Photo: Jean-Baptiste Demouy/Métro

Une transaction immobilière pourrait empêcher les résidents d’accéder à la ruelle derrière chez eux, entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Grande-Allée, au nord du boulevard Henri-Bourassa, dans le quartier Ahuntsic. Un lot privé y a été vendu et racheté récemment.

L’accès à son stationnement derrière sa résidence entravé par un lot privé. C’est ce à quoi font face plusieurs résidents du quartier d’Ahuntsic alors que le lot, situé dans la ruelle, a été racheté fin août.

La mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, indique vouloir avant tout remettre la situation dans son contexte. «C’est un des trois lots privés qui existent dans cette ruelle et ils le sont depuis toujours. Il faut bien préciser que ce n’est pas la ruelle qui est privatisée, mais des lots par lesquels les riverains passent pour accéder à leurs résidences.»

La mairesse souligne qu’il y a plusieurs questions en suspens relativement à cette situation. L’entente initiale entre ce lot privé et les résidents est l’une d’entre elles.

Il y a deux enjeux principaux. Tout d’abord, le fait que les résidents passent par ce lot pour aller se garer, et deuxièmement, le fait que les résidents qui chauffent leur résidence au mazout ont besoin de pouvoir se faire ravitailler.

Émilie Thuillier, mairesse d’Ahuntsic-Cartierville

Tentative de solution à l’amiable

Le nouveau propriétaire, qui n’a pas souhaité être nommé, a indiqué au Journal Métro avoir voulu trouver une solution à l’amiable en premier lieu. Il indique avoir voulu permettre aux résidents de continuer à utiliser la ruelle et que ceux-ci le laissent utiliser «5% de [s]on terrain pour stationner un ou deux véhicules quand [il] en [a] besoin, comme le font les résidents».

Le lot en question s’étend entre les numéros 10741 et 10851 du boulevard Saint-Laurent et mesure environ 120 mètres sur 5 mètres, selon le nouveau propriétaire.

Mais selon lui, des résidents n’ont pas vu les choses du même œil et auraient appelé la police pour signaler le stationnement d’une camionnette «qui était légal», souligne-t-il, puisqu’il est propriétaire du lot.

La situation aurait empiré, selon le propriétaire, puisque les poteaux qu’il indique avoir installés vendredi de chaque côté de la ruelle auraient été retirés deux jours plus tard. Il souhaite faire un rapport à la police sur ce qu’il considère être du «vandalisme», d’autant plus qu’un résident l’aurait «menacé» en indiquant que «les poteaux ne resteraient pas longtemps».

Aussi, selon le nouveau propriétaire, le notaire qu’il a consulté dans l’affaire lui a confirmé qu’aucun droit de passage n’était inscrit au registre foncier. Une telle inscription résulte d’une démarche de résidents faite par un avocat ou un notaire pour officialiser un droit de passage, selon le site Internet du gouvernement du Québec.

Il propose désormais trois solutions aux résidents: payer un loyer de 7000 $ par année, vendre son lot privé pour 72 000 $ ou simplement interdire le passage sur son lot.

Des riverains déconcertés

Simon Bouchard et Julie Leblond vivent sur le boulevard Saint-Laurent et ont un garage avec un stationnement donnant sur la ruelle concernée. Et la «menace» est que le nouveau propriétaire bloque l’accès à son lot depuis le 1er octobre.

La nouvelle a été mal reçue par les deux résidents ainsi que par les autres citoyens concernés. Ceux-ci se mobilisent depuis pour trouver des solutions. La mairesse et l’ombudsman de la Ville de Montréal ont été contactés, et un avocat a été consulté pour évaluer ce qu’il est possible de faire.

S’il met une barrière, ça rendrait les choses plus compliquées pour nous et nos voisins, même pour les enfants qui ont envie de jouer dans la ruelle.

Julie Leblond, résidente concernée  

Même si l’échéancier n’est pas connu, Simon Bouchard a bon espoir d’avoir des nouvelles de son avocat rapidement pour résoudre la situation. En attendant, le couple prendra ses précautions et garera ses voitures ailleurs pour ne pas être bloqué.

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