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Stationnement à Place l'Acadie : une zone de guerre?

Derrière les imposants condos des jardins l’Acadie, des panneaux de signalisation dans toutes les langues. Pour ceux qui ne savent pas lire, les pictogrammes sont éloquents. Si vous ne résidez pas dans le coin, vous ne pouvez pas stationner.

En fait dans tout le voisinage, les plaques menaçantes semblent plus nombreuses que les places de stationnement elles-mêmes et le sujet aura donné lieu à des échanges pour le moins soutenus entre élus et citoyens lors du Conseil d’arrondissement du 9 décembre.

Le premier à avoir ouvert le feu, Gérard Faez, une figure connue dans le milieu communautaire. Il est engagé au sein de Prenez Places, le comité de son quartier, Place l’Acadie.

Il n’a pas mâché pas ses mots. « Bientôt cela va devenir le Far West », a-t-il lancé. Le terme a visiblement dérangé le maire Pierre Gagnier qui a mis poliment un terme à sa période de questions.

La Cité l’Acadie, dont les travaux de construction ont débuté en 2010, devait régler le problème des taudis qui existaient dans ce coin. Il y a eu 249 logements réalisés pour un ratio d’une place de stationnement pour quatre appartements. Une prévision très vite débordée par la réalité.

Si les occupants de Cité l’Acadie se plaignent, leurs voisins, notamment les résidents de la rue Alfred-Laliberté, sont également en colère.

Tensions

Argerios Fotis était venu au conseil pour poser une question simple : « Quels sont vos plans immédiats pour régler les problèmes? »

Il raconte qu’il faut péniblement tourner 10 à 15 minutes dans les rues mitoyennes avant de trouver une place à un demi-kilomètre de son domicile. Il évoque dans la foulée les cas d’incivilités et la détérioration de la qualité de vie dans le quartier. « Le problème demeure le même et sur une base quotidienne, ça devient plus grave », affirme-t-il.

Rencontré au bureau de Prenez Places, M. Faez s’affaire à peaufiner un communiqué à l’adresse de ses concitoyens. Un rappel des règles de bon voisinage notamment avec les résidents des rues Alfred-Laliberté, Charles-Gilles et Pasteur.

« On a eu les pneus des voitures crevés, des gens ont jeté des détritus sur les véhicules stationnés derrière les immeubles. Les personnes âgées ne peuvent plus recevoir de soins parce que les infirmiers ou les préposés aux bénéficiaires ne trouvent pas de stationnement. Les gens ne viennent même plus rendre visite aux proches et aux amis à cause de cette situation », énumère-t-il.

Pas de solution immédiate

Les élus connaissent la situation. En plein conseil d’arrondissement, Harout Chitilian, conseiller de ville pour Bordeaux-Cartierville, n’est pas allé par trente-six chemins. Pour lui : « il faut régler le problème à la source, c’est-à-dire à Place l’Acadie. »

Il évoque aussi des cas de violation de propriété privée quand des automobilistes ont traversé les terrains des maisons pour rejoindre la rue Drouart à partir de la rue Alfred-Laliberté.

De toute évidence, les situations difficiles et les risques de conflits latents sont la résultante d’une réaction en chaîne en raison de l’absence de places de stationnement suffisantes pour les résidents de Place l’Acadie.

Pourtant, à l’arrondissement, en dehors du mur antibruit à construire en 2015, on ne promet rien de concret pour le moment.

On a trouvé des terrains pour 75 places. « C’est quelque chose dont on s’occupe », atteste le maire.

Après accord avec la STM, on a autorisé le stationnement en journée le long du parc Marcelin-Wilson, jusqu’à 15 h 30. On a également obligé les promoteurs des condos des jardins l’Acadie à prévoir des garages souterrains avec un ratio de 1 pour 1.

Sinon, pour Robert Dolbec, attaché politique de l’arrondissement : « les élus ont promis de régler le problème durant leur mandat et toutes les options sont sur la table. » Toutefois, pour cet hiver, il va falloir prendre encore son mal en patience.

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