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Le parcours d'une romancière dans Bordeaux-Cartierville

Originaire de Sorel, le pays de Germaine Guèvremont et du Survenant, l’auteure Élise Turcotte connaît tellement bien le quartier de Bordeaux-Cartierville, qu’un résident ne pourrait s’empêcher de dire que la romancière doit avoir séjourné longtemps dans ce secteur. En fait, Élise Turcotte avait 3 ans lorsque ses parents ont élu domicile à Saint-Laurent, ville voisine de Bordeaux-Cartierville.

C’est en lisant le roman «L’Île de la Merci» publié chez Leméac en 1997, que le lecteur reconnaîtra l’Île Perry et le pont du chemin de fer, le garage presque voisin de la voie ferrée sur le boulevard Gouin, le club de boxe dans l’ancienne caserne de pompiers devenue un centre de loisirs de la Ville de Montréal, et bien sûr la prison de Bordeaux. La romancière cite au passage des noms de rue comme l’avenue de Bois-de-Boulogne, la rue Saint-Réal et surtout le boulevard Gouin. Le parcours sinueux de ce boulevard au décor champêtre rappelle que cette voie ancienne constituait une partie du chemin de ceinture de l’Île de Montréal, reliant les nombreux villages en bordure de la Rivière-des-Prairies, tels Sainte-Geneviève, Bordeaux, Ahuntsic et le Sault-au-Récollet. Les maisons rurales du 19e siècle foisonnent dans ces hameaux annexés les-uns après les autres à la Ville de Montréal.

Au fil des pages du roman «L’Île de la Merci», le lecteur découvre la trame de fond du meurtre d’une jeune fille du nom de Marie-Pierre Sauvé, dont le corps a été retrouvé à l’Île Perry. Le lecteur accompagne mentalement Hélène, une adolescente de 15 ans pendant les grandes vacances. Hélène décrit sa famille, ses rapports avec sa mère Viviane et son père Robert, un couple au bord de la rupture. Troublée par ce meurtre, la maman d’Hélène ne veut plus que sa fille sorte le soir. Déçue et surtout décidée à tromper la vigilance de sa mère, Hélène est attirée par le club de boxe où Martin, un garçon plus vieux qu’elle, s’entraîne. L’adolescente parle également de son petit frère Samuel qu’elle couve affectueusement et de sa sœur Liza dont le destin étonnera le lecteur. La romancière nous amène successivement dans cette île qui a habité l’imaginaire de nombreux enfants au fil du temps, et dans les parages de la célèbre prison dont la silhouette austère se démarque de l’Hôpital Notre-Dame-de-la-Merci de l’autre côté de la rue, une prison ou au mieux selon elle, un mouroir d’où on ne sort pas vivant, selon Hélène.

Un site inspirant

Les raisons qui ont amené Élise Turcotte à situer son récit dans Bordeaux-Cartierville sont multiples: elle aimait beaucoup ces lieux qui l’inspiraient parce qu’ils correspondaient au site où elle imaginait son personnage, ce quartier figé que l’auteure a parcouru dans sa jeunesse en incluant le fascinant club de boxe dont on distinguait le ring en se collant le nez à la fenêtre sur Bois-de-Boulogne, l’Île de la Merci inspirée du nom de l’Hôpital, mais dont le vrai nom est L’Île Perry que les gens du coin appellent familièrement «l’île aux fesses», etc.

En consultant la bibliographie de l’auteure, on constate son côté éclectique avec la publication en alternance de recueils de poésie, de romans pour un public adulte et d’oeuvres plus fantaisistes pour les jeunes lecteurs de La Courte Échelle. En entrevue, la romancière précise que son goût pour l’écriture l’a amené à compléter des études littéraires à l’université. Très occupée, Élise Turcotte partage son temps entre l’écriture et les ateliers de création littéraire qu’elle dirige en tant que prof au cégep du Vieux-Montréal. Cet ouvrage publié il y a très longtemps est disponible à la bibliothèque de Cartierville, et par chance peut-être encore dans une librairie près de chez vous.

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