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Contrer l'isolement de nos aînés

Fabien Jean-Simon - TC Media
En 2012, à l’initiative de la Table de concertation des aînés, une vaste étude sur le vieillissement a été menée. Ce portrait a permis d’identifier neuf thématiques, comme autant d’instantanés, qui sont préoccupantes pour les aînés. Parmi ces problématiques, la question de l’isolement est apparue comme prédominante. Une recherche-action sur ce thème s’imposait donc.

Mardi et mercredi derniers, le rapport «Des connaissances et des stratégies interculturelles pour rompre l’isolement des aînés» a été présenté aux partenaires de la Table de concertation des aînés de Bordeaux-Cartierville, ainsi qu’à plusieurs personnes âgées ayant participé à l’étude.

«L’objectif premier de notre étude était d’identifier les facteurs d’isolement chez les personnes âgées, mentionne Émilie Audy coauteure de l’étude et agente de recherche à la Table de concertation et au centre de recherche et de partage des savoirs InterActions. Nous avons décelé huit facteurs pour lesquels nous avons dégagé un certains nombre de recommandations.»

Mme Audy a mené des focus groups avec plus d’une cinquantaine d’aînés, ainsi que des entrevues semi-dirigées avec le professeur Yves Couturier de l’Université de Sherbrooke. À partir du récit et du parcours de vie des intervenants, les chercheurs ont été à même de tisser l’enchevêtrement des causes de l’isolement, en plus d’envisager des solutions pour le contrer.

Vers une meilleure communication

Parmi les facteurs d’isolement on compte les traits de caractère, l’état de santé, les moyens financiers et de transports, qui peuvent influer sur l’offre d’activités accessibles aux personnes âgées peu fortunées ou en perte de mobilité, et la barrière des nouvelles technologies.

«Ça peut être frustrant pour les personnes âgées de voir à la télévision « pour plus de détails consultez notre site Web et notre page Facebook », puisqu’ils n’ont pas accès à ces technologies», énonce Mme Audy.

L’étude présentée par les chercheurs vise à sensibiliser les organismes qui offrent des services spécialisés aux aînés à mieux communiquer avec eux. «La grande majorité des gens que nous avons rencontrés étaient informés de l’actualité. Ils s’informent principalement avec les journaux locaux et c’est par ce vecteur qu’ils peuvent être rejoints par les organismes», précise la chercheure, affirmant l’importance de la nouvelle locale pour les personnes âgées.

«Un des enjeux de cette communication tient dans le détail des services et des activités. On a beau en général tous savoir ce qu’est un zumba, il ne faut pas assumer que les personnes âgées connaîtront ça. Sans un détail des activités, il n’y aura pas d’inscription», souligne Mme Audy avec justesse.

Assurer la pérennité des organismes spécialisés

Pour chaque problématique, les recommandations contenues dans le rapport visaient à valoriser et à présenter clairement les services qui existent déjà dans le quartier. «L’étude nous a été commandée par la Table de concertation. Il était donc dans notre mission de faire connaître les organismes qui œuvrent auprès des aînés. C’était aussi une belle opportunité de départager les champs de compétence de chaque acteur du milieu», commente Mme Audy.

Le rapport déposé par les chercheurs Audy et Couturier pourra inspirer les intervenants de plusieurs centres dans l’arrondissement et sensibiliser le grand public à la problématique de l’isolement, ce qui en soi est un pas dans la bonne direction.

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