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Unir ses forces contre la prostitution

En septembre 2010, un comité a été formé pour unir les forces de différents acteurs en vue de contrer l’expansion de la prostitution dans l’arrondissement.

La nécessité d’un comité dans Ahuntsic est venue à l’idée du commandant Carole Lalonde à l’été 2009, au moment où les patrouilleurs du poste de quartier 27 ont remarqué une recrudescence du nombre de prostituées dans les rues. «De 8 à 10 filles, nous sommes passés à entre 20 à 25 personnes que nous avons fichées et qui ont des pratiques de prostitution à différents moments», précise-t-elle.

«J’ai rassemblé des gens de toutes sortes de milieux qui peuvent faire une différence: les élus Maria Mourani et Émilie Thuillier, le CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord pour le côté social, le Centre Dollard-Cormier, RAP Jeunesse, l’organisme en travail de rue du quartier, ainsi que plus récemment, Tandem et des citoyens», indique Carole Lalonde.

Pour Louise Giguère de RAP Jeunesse, il faut considérer la prostitution comme un phénomène de pauvreté. «La pauvreté peut impliquer des problèmes de consommation et de santé mentale. Ce sont des femmes souvent seules et pauvres et c’est leur pauvreté qui les pousse souvent à se déplacer. Ce n’est donc pas tant le phénomène de prostitution qui se déplace que la pauvreté qui se ghettoïse», précise-t-elle.

«Dans le quartier, nous sommes allés beaucoup plus loin que l’approche policière traditionnelle et nous nous rendons compte que les questions de toxicomanie et de santé mentale ne sont pas problèmes faciles à régler», spécifie la conseillère d’Ahuntsic Émilie Thuillier.

Cette complexité de la réalité sociale de la prostitution motive donc les membres du comité à «trouver des solutions à un problème dont la pointe de l’iceberg est la sollicitation de rue à des fins sexuelles, mais dont les ramifications sont beaucoup plus complexes», résume le commandant Lalonde.

Travailler ensemble avec les citoyens

Maria Mourani souligne l’importance d’un rapport du comité avec les citoyens. «Pour contrer la prostitution dans Ahuntsic, ce n’est pas simplement l’affaire de la police ou d’organismes de terrain. C’est aussi l’affaire des citoyens: ils sont une part importante de la lutte à cette forme de criminalité et c’est pourquoi j’ai multiplié les envois d’informations aux 55 000 portes de ma circonscription», dit la députée fédérale. Elle rappelle que cette sensibilisation contribue à la cause, notamment via le programme Cyclope.

Pour George Thurner, conseiller en sécurité urbaine à Tandem Ahuntsic-Cartierville, l’information aux citoyens est essentielle parce qu’elle agit directement sur le sentiment de sécurité de ceux-ci. «Les citoyens parlent entre eux et les cas de prostitution leur font peur. Pour maintenir leur sentiment de sécurité, on a travaillé avec des résidents d’une zone où il y avait ces pratiques et on a été en contact avec eux à toutes les semaines», dit-il.

En faisant ajouter une lumière dans une ruelle fréquentée par des prostituées et des clients, Tandem a d’ailleurs réussi à écarter une problématique en étant à l’écoute des citoyens.

Même si un plan d’action global a été pensé, chacun travaille dans son champ d’expertise respectif. Les chances de succès sont ainsi maximisées.

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