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Mobilisation pour l'habitation

Les Ahuntsicois se sont présentés en grand nombre à la première séance ordinaire du conseil d’arrondissement de 2013. La plupart ont réclamé des comptes aux élus sur des questions d’habitation. Le récent dépôt par Construction Musto du projet immobilier de la Crown Cork & Seal, les questions d’insalubrité et le logement social ont mobilisé les citoyens.

Retour sur Ranger

Depuis la mi-janvier, plusieurs reportages dont celui-ci du Courrier ont mis en lumière de graves problèmes d’insalubrité dans certains logements de l’arrondissement. Le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) était d’ailleurs présent pour faire le suivi auprès de l’administration Gagnier.

Rémi Robitaille du CLAC, citant en exemple le cas de la rue Ranger, a exigé que des mesures coercitives soient mises en place pour sévir contre les propriétaires délinquants. «Pourquoi, lorsqu’un propriétaire soumet un plan de rénovation majeure, le constat d’infraction émis par l’inspecteur de l’arrondissement tombe?» a-t-il questionné.

Jean-Claude Lanthier s’est également interrogé sur l’application de la règlementation de l’arrondissement par les inspecteurs. «Comment se fait-il que le propriétaire de la rue Ranger construise sans permis des chambres à même des garde-robes», a martelé le citoyen.

«Il n’y a pas eu de telle demande de permis enregistrée au 11 815 Ranger, a confirmé Gilles Côté, directeur du développement du territoire. Dans ces cas, les propriétaires reçoivent un avis de remise à niveau du bâtiment, ce qui implique la démolition des ajouts non conformes.»

Le conseiller de Bordeaux-Cartierville Harout Chitilian s’est dit lui aussi choqué par l’horreur décrite dans ces logements. Il a répondu à la requête du CLAC. «Le cas de Ranger est exceptionnel. Comme sur la rue Émile-Nelligan, c’est tolérance zéro avec ce genre de propriétaire. Ils sont surveillés de près, rassure-t-il. Mais il est indécent dans des sociétés occidentales de vivre dans de telles conditions. Quelle est la ligne dure? Mener nous-mêmes les travaux et facturer le propriétaire? Attacher l’hypothèque au cadastre pour contrer la vente de l’immeuble? Nous en discutons actuellement», a-t-il indiqué l’air grave.

Pour le conseiller Étienne Brunet, membre de la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation de la Ville de Montréal, il faut pousser le plus loin possible la règlementation actuelle. «Dans le court délai que nous avons avant la prochaine élection, nous devons tester nos règlements afin d’être une vraie menace pour les propriétaires délinquants», a-t-il conclu.

Malgré les demandes du comité logement, il n’est pas prévu par l’arrondissement d’allouer davantage de ressources à l’inspection des bâtiments. Le maire Pierre Gagnier a été catégorique à ce propos. Étienne Brunet nuance: «Avec la Ville centre, nous avons un protocole d’intervention qui prévoit des inspections systématiques de bâtiments et de portions entières de rues. Ce plan d’action a permis de fermer une brèche.»

Intervention policière

S’adressant au commandant du poste de quartier 10, Patrice Sansregret du CLAC s’est quant à lui inquiété des représailles du propriétaire du 11 815 Ranger sur ses locataires. «Parfois, il coupe le chauffage, mais il formule également des menaces de mort. Pourquoi la police ne prend-elle pas les plaintes? C’est sérieux!»

Le commandant Roger Bélair s’est montré compréhensif. «Nous sommes au courant de ce qui se passe à cette adresse. Nous avons ces logements à l’œil. Dans le cas des menaces pour lesquelles il y a eu plainte, elles étaient indirectes. Pour l’instant nous n’avons pas de preuve qu’il s’agit d’autre chose qu’un conflit civil. Mais nous rencontrerons les locataires concernés pour les informer de leurs droits», a-t-il déclaré.

Pour plus de transparence

Des représentants du Comité de citoyens pour un développement équilibré d’Ahuntsic Ouest ont réclamé devant les élus davantage de transparence en ce qui concerne le plus récent projet immobilier de Construction Musto prévu sur le terrain de la Crown Cork & Seal, sur la rue Meilleur au coin de Sauvé.

Maintenant que le projet a été déposé au comité consultatif d’urbanisme (CCU) après des améliorations substantielles apportées à la version initiale, il est impossible pour le comité de prévoir à quel point la population sera consultée dans ce processus. Au cours des trois dernières séances du conseil, Luc Villandré réclame que les procès-verbaux des rencontres du CCU soient mis en ligne.

En principe favorable à la reconversion résidentielle du terrain, les membres du comité sont d’avis que le présent projet pourrait innover en mettant de l’avant le Plan de développement de la Ville de Montréal. Celui-ci mise entre autres sur la participation des citoyens à tous les niveaux d’étude des projets.

«Une vision d’ensemble est nécessaire. Le développement urbain à la pièce tel que pratiqué actuellement compromet la qualité de vie pour les résidents actuels du quartier ainsi que son attrait pour les futurs résidents», a indiqué M. Villandré.

Et le logement familial?

Soulevée par Marie-Hélène Larouche, la question du logement familial a interpellé la conseillère Émilie Thuillier. «Le projet de la Crown compte beaucoup de condos et des quatre et demi avec une seule salle de bain. Peut-on faire des recommandations pour ajouter des unités adaptées aux besoins des familles?», a demandé la citoyenne.

«Il est actuellement très difficile avec le financement disponible de faire des logements familiaux à Montréal, a convenu Mme Thuillier. Il y a toutefois un projet à la ville centre pour amener Québec à se pencher sur la question. Il n’y a pas de réglementation pour contrer un promoteur à se conformer à une certaine taille des logements. C’est un problème.»

Problèmes d’accessibilité à Place l’Acadie

Des citoyens ont manifesté certaines inquiétudes quant à l’accessibilité aux appartements de Place l’Acadie. L’intersection des boulevards Henri-Bourassa et l’Acadie est dangereuse pour les piétons en raison de son important volume de circulation.

«Nous avons déjà apporté quelques petits ajustements pour sécuriser le secteur, mais ce n’est pas parfait encore, mentionne Gilles Côté de la direction développement du territoire. Ce sont des artères qui relèvent de la ville centre et des changements sont prévus pour 2014.» D’ici là, l’arrondissement rassure que le poste de quartier 10 est bien au fait des dangers de l’intersection et y intervient déjà fréquemment.

L’autre problème d’accessibilité à Place l’Acadie concerne les automobilistes: il n’y a pas de stationnements abordables dans le complexe. Enjeu malheureusement insoluble aux dires de la conseillère Jocelyn Ann Campbell.

«Les projets de logements sociaux sont prévus sans ou avec très peu de stationnements abordables. Dans le cas de Place l’Acadie, Ressources habitations de l’ouest a accepté le plan en sachant qu’il n’y en avait pas», a-t-elle déploré.

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