Fusillade d'Ottawa : Maria Mourani veut prévenir la radicalisation
Elle se rendait à son bureau et a dû abandonner sa voiture avec ses valises à l’intérieur dans la zone interdite d’accès au public. Une mésaventure qui prête à sourire face à l’ampleur des événements.
« Je me suis retrouvée dans une souricière. Heureusement que j’avais mon portefeuille avec moi, dit Mme Mourani. Je suis allée à l’hôtel sans autres bagages que les vêtements que j’avais sur moi. »
Elle salue au passage la bravoure et le courage des personnes chargées de la sécurité du Parlement.
« En 14 secondes, l’homme a été maîtrisé », raconte-t-elle.
Au-delà des désagréments passagers, Mme Mourani considère que de tels événements étaient prévisibles.
« Je m’attendais à ce qu’un drame de ce genre se produise, indique-t-elle. J’observe depuis plusieurs années des jeunes qui se convertissent à la radicalisation violente. Je ne suis pas surprise de voir ce qui se passe. »
Elle est plus étonnée par les lieux où surviennent ces actes.
« Cela veut dire que la menace peut se profiler partout. »
Dans le même temps, elle souhaite que le Parlement demeure comme il est.
« L’extérieur de la Chambre des communes est ouvert au public. Il y’en a qui viennent courir d’autres profitent du parc autour. »
Cela étant, pour elle, il est urgent de faire face à la situation en travaillant sur la prévention.
« Il y a longtemps que j’ai interpellé le gouvernement sur ce qu’il comptait faire pour prévenir la radicalisation des jeunes canadiens, explique-t-elle. Il faut des programmes du même genre que ce que nous avons fait pour lutter contre les gangs de rues. »
Elle observe que rien n’est fait en ce sens actuellement.
« On me répond que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) fait de la prévention, alors que la GRC se plaint du manque de moyens pour accomplir ses missions », constate-t-elle.