Le français enregistre un recul sur l'Île de Montréal
Dans la région métropolitaine de Montréal, la proportion de la population ayant déclaré parler uniquement le français à la maison a poursuivi sa baisse amorcée en 2001 évalue l’organisme fédéral. Cette proportion est passée de 59,8 % en 2006 à 56,5 % en 2011.
Cela dit, Statistique Canada note qu’à l’échelle québécoise, la baisse de la population de langue maternelle française a été plus faible que prévu en 2006, notamment en raison du plus grand nombre de réponses multiples données par les répondants. Plus de gens ont donc répondu qu’ils parlaient au moins deux langues, d’où l’importance de distinguer la langue maternelle de celle employée à la maison peut-on lire sur le site de l’organisme fédéral.
Les cinq langues non officielles les plus parlées à Montréal sont l’Arabe (3,6 %) l’Espagnol (3 %), l’Italien (3 %); langues chinoises (1,6 %) et les Langues créoles (1,4 %).
Selon les plus récentes statistiques, le français est toujours la langue maternelle de la majorité des citoyens de Montréal récoltant une proportion de 64,5 % contre 12,5 % pour l’anglais, l’autre langue officielle canadienne. En 2011 cependant, Statistique Canada évalue à 23 % la population de région métropolitaine ayant une langue maternelle étrangère. Il s’agit d’un écart considérable en rapport au 21,8 % enregistré en 2006.
Réactions de Maria Mourani
« Les données du recensement de 2011 dévoilées par Statistique Canada sont éloquentes, et inquiétantes, a commenté Maria Mourani par voie de communiqué. Le français est en recul au Québec. Dans la grande région montréalaise, cette situation est encore plus accentuée », a poursuivi la députée fédérale d’Ahuntsic.
Mme Mourani estime aussi que les modifications apportées aux questions et à la méthodologie du recensement pourraient cacher un recul linguistique encore plus marqué à Montréal et au Canada en général. C’est d’ailleurs ce qu’a observé le mathématicien et spécialiste des questions de langue au Canada, Charles Castonguay: « Entre 2001 et 2006, une chute rapide du nombre de Québécois ayant pour langue maternelle le français avait été notée. Or, depuis 2006, alors que les conditions sont demeurées les mêmes, le nouveau recensement va à l’encontre des prédictions en indiquant un ralentissement de ce phénomène. Il y a tout lieu de s’interroger sur les effets du nouveau questionnaire »
« Peu importe le rythme de régression du français, il faut agir et arrêter de faire porter le fardeau de notre échec à protéger notre langue sur les seules épaules des nouveaux arrivants. Il est de notre responsabilité de mieux les intégrer, et ce, en français. Le marché du travail en est un bel exemple », a renchéri Mme Mourani. « Malheureusement, au Québec, les institutions sous juridiction fédérale ne sont toujours pas soumises à la Charte de la langue française », a conclu la députée d’Ahuntsic.
Le Courrier publiera dans sa, prochaine édition, une entrevue avec la ministre responsable de la Charte de la langue française et députée de Crémazie, Diane De Courcy.