Nathalie Fortin démissionne du CA du CSSS Bordeaux-Cartierville
Nathalie Fortin, directrice générale du Conseil local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville ne siègera plus au conseil d’administration (CA) du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent. Elle a démissionné le 19 décembre, en signe de protestation contre les dispositions du projet de loi 10 modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux. Conséquence, plus de 50 organismes se retrouvent sans voix au sein de cette instance. Si elle regrette sa démission, Mme Fortin indique qu’elle ne se sentait pas à l’aise de poursuivre son engagement au sein du conseil, dans le contexte du projet de Loi 10.
Représentation en moins
La directrice du CLIC représentait, avec la Corbeille Bordeaux-Cartierville, les deux seuls organismes du quartier présents au CA du CSSS Bordeaux-Cartierville-Saint-Laurent. Le CLIC, qui est la table de concertation du quartier, portait ainsi les inquiétudes et positions des 52 associations et de regroupements communautaires ainsi que des dizaines de citoyens membres du CLIC. «L’actuel CA sera dissout le 31 mars. Le prochain sera nommé par le ministre selon la nouvelle loi, soutient Mme Fortin. Finalement, cela ne change pas grand-chose pour Bordeaux-Cartierville en terme de représentativité.»
Oubliés les enjeux locaux
Si Mme Fortin a plusieurs griefs à l’encontre de la loi 10, elle met surtout de l’avant la dimension nouvelle des structures de santé et de services sociaux qui remplaceront les CSSS et leur propension à favoriser les aspects médicaux et curatifs. «La grosseur des institutions éloigne la dimension locale, observe-t-elle. Par ailleurs, il ne s’agit pas seulement de soigner les gens, mais de comprendre les enjeux locaux pour assurer une meilleure prévention.»
Dans sa lettre de démission – dont le Courrier Bordeaux-Cartierville détient une copie–, outre le fait que Mme Fortin déplore le manque attendu de collaboration entre les nouvelles structures de santé et de services sociaux avec le milieu communautaire, elle s’interroge sur l’utilité de l’organisation à venir alors que la création de ces entités passera par une période d’instabilité, incontournable dans tous changements.
La directrice du CLIC se demande aussi si la loi 10 prévoit le maintien de «la responsabilité populationnelle» inscrite dans le mandat des actuels CSSS. Elle craint aussi une «uniformisation, mur-à-mur» qui abolira l’engagement du CSSS au niveau local sans faire cas des spécificités et des besoins locaux. Toutefois, la démission de Mme Fortin est accompagnée d’une proposition de maintenir la coopération «avec la haute direction actuelle et future, afin de trouver les meilleures avenues pour poursuivre notre collaboration et, au bout du compte, pour prendre soin de la communauté de Bordeaux-Cartierville.»