Une nouvelle bâtisse à la place de la maison du peintre
Le sort de la maison du peintre est entre les mains de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Ayant déjà demandé un permis de démolition, l’acquéreur semble se retrouver devant deux options: soit la restauration ou bien la reconstruction à l’identique. Entendu en audience publique par le Comité consultatif d’urbanisme (CCU), celui-ci oppose un refus catégorique pour la première alors qu’il est un plus ouvert à la seconde.
L’arrondissement prendra sa décision sur la base des recommandations du CCU. L’audience publique tenue le 4 février, au siège de l’arrondissement sur la demande de démolition de la bâtisse sise au 2124, boulevard Gouin Est, a permis de connaître le projet proposé par le futur propriétaire. La maison sur laquelle il y a un accord pour sa vente, appartient toujours à la succession de Jacques Valois.
La maison ancienne, typique des maisons «boum town» du début du 20e siècle, laisserait la place à deux unités d’habitation. En fait, la propriété actuelle serait partagée en deux au niveau cadastral. Seraient ensuite érigées deux maisons jumelées avec deux garages en sous-sol. La nouvelle construction respecterait les hauteurs et emprises sur la rue, mais ne serait en rien une copie de la maison ancestrale.
Pour la Direction du patrimoine de Montréal, c’est un projet non souhaitable. La Direction du développement du territoire d’Ahuntsic-Cartierville considère de son côté que la façade pose problème et opte pour une reconstruction à l’identique. Par ailleurs, des lettres d’opposition adressées par des citoyens, ont été résumées pour l’assistance.
État de délabrement avancé
La demande de démolition est motivée par l’état de délabrement avancé de l’ancien bâtiment. La présentation a longuement souligné les problèmes d’infiltration, de moisissure et de défaut de structure. La présentation a aussi permis de faire un état des lieux et de constater les dégâts occasionnés tant par le temps que par le vandalisme, selon les propos des voisins présents.
En raison de l’affaiblissement de la structure et des moisissures qui envahissent la maison, le futur propriétaire considère qu’on ne peut mener de travaux à l’intérieur, sans mettre la vie des ouvriers en danger. Pour cela, il s’appuie sur les divers rapports d’expertise qu’il a demandés.
«J’ai déjà dépensé 32 000 $ en études et je n’ai pas encore planté un seul clou», s’est-il exclamé. Il refuse de rajouter le moindre sou dans des expertises pour s’assurer qu’il n’est pas possible de mener des travaux de restauration. «C’est à ceux qui veulent restaurer de payer des études qui assurent que cela est faisable.»
Valeur patrimoniale perdue
Pour Jean-Pierre Beauchamps, voisin immédiat de la maison du peintre, la démolition serait une prime à la négligence. Il se demande aussi s’il est prudent de permettre de creuser pour des garages en sous-sol quand la roche est à quelques pieds et se demande si cela n’affaiblira pas les maisons aux alentours. En tout état de cause, la maison est dans un tel état qu’elle ne peut plus être habitée. La démolir pour la reconstruire ou la restaurer devient hypothétique, sans moyens financiers.
Dans les recommandations des instances consultatives et exécutives, il est demandé d’explorer les possibilités de subvention pour préserver la maison. Le futur acquéreur de la maison avoue n’avoir ni les outils, ni le temps pour élaborer des demandes en ce sens. Dans le même temps il met l’assistance devant un dilemme. «Si je me retire, je ne sais pas qui va s’engager à ma place?», lance-t-il à l’assistance. Pour lui, il ne fait aucun doute que la maison va s’écrouler de toute façon.