Référendum de 1995 à travers les pages du Courrier
TC Media a consulté les anciens journaux publiés il y a 20 ans pour faire revivre aux lecteurs ce moment d’histoire particulier vécu partout au Québec.
«C’est non!» titrait le Courrier Ahuntsic du 5 novembre 1995 à propos du référendum pour l’indépendance du Québec. «Oui écrasé», précisé le Courrier Bordeaux-Cartierville de la même journée.
Les résultats dans les circonscriptions dont dépend Ahuntsic-Cartierville, les mêmes qu’aujourd’hui étaient largement favorables au non. Dans l’Acadie 78,78% des voix se sont exprimés contre l’indépendance du Québec et ils étaient 82,85% dans Saint-Laurent. C’est à Crémazie où le non, certes victorieux, était moins arrogant en remportant 51,45% des suffrages.
Avant les résultats, six semaines durant, les journaux locaux ont abordé la campagne du référendum en offrant quasiment le même espace à chaque camp. Plus épais que son voisin de l’ouest Courrier Ahuntsic y allait de longs articles sur deux pages.
Tension
Alors qu’était lancée la campagne du Non, on apprenait dans le journal local, que les murs de la maison du député fédéral d’Ahuntsic, élu sur la liste du Bloc québécois, Michel Daviault avaient été vandalisés.
«La guerre des pancartes a littéralement fait rage dans Ahuntsic la semaine dernière, avant même le déclenchement officiel du référendum», écrivait le journaliste, Jocelyn Bourdonnais.
On apprenait dans le même article qu’une autre maison située sur la rue Christophe-Colomb subissait le même sort. «Ses pancartes du oui et son mur latéral souillé par des graffitis disant Non au slogan du « Droit d’Être différent »», lit-on.
le député Déviault interrogé par le journal avait fait porter la faute «aux propos excessif et intolérants qu’on a pu entendre au cours des derniers jours de la part des portes paroles du camp fédéraliste.»
Moins ambitieux, le Courrier Bordeaux-Cartierville assurera une couverture modeste de la campagne mais il rendra également compte de la tension entre les deux camps.
«Vandalisme sauvage et répétitif, annonçait le journal en page 4 du 15 octobre 1995. «Des panneaux d’information ont été abattus ou détruits».
«En une semaine, pas moins de 22 affiches auraient été renversées, détruites ou partiellement déchiquetées. À peine auraient-elles été remplacées, qu’elles étaient de nouveau vandalisées», Raconte le journal. Des plaintes à la police ont été déposées et la plaque d’une voiture avec trois hommes à bord aurait été signalée.
On passe à autre chose
Toutefois, une fois que le résultat était connu et que les clameurs s’étaient tues, plus aucune ligne ne sera écrite sur le referendum.
Ahuntsic se retrouvait à sauver la maison du Meunier quelque jours après le vote. Bordeaux Cartiervile connaissait pour sa part le drame de l’assassinat d’une balle en plein visage de la constable Odette Pinard, dans les locaux du poste de police de communautaire du quartier moins d’un mois après le référendum.