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Première tempête pour des réfugiés syriens

Photo: Amine Esseghir/TC Media

La première tempête de l’hiver est aussi la première pour les réfugiés syriens qui ont récemment élu domicile à Montréal. Parmi eux, Meghriz et Hagop Arabatlian, deux résidents de Cartierville. Si les premiers moments laissent place à la découverte et à l’émerveillement, ils apprennent aussi qu’apprivoiser le froid et la neige fait partie de leur intégration dans leur nouveau pays.

C’est le 29 décembre. La première tempête s’abat sur la métropole. Au total, une quarantaine de centimètres de neige recouvrent le sol. TC Media a profité de l’arrivée soudaine de l’hiver pour aller à la rencontre de Meghriz et Hagop Arabatlian, couple qui habite Cartierville depuis deux mois. Ils assurent qu’ils n’oublieront pas ce premier hiver tardif et surprenant. «Je dois dire que j’imaginais quelque chose de beaucoup plus dramatique, avoue Hagop. Mais il faut reconnaître que ce n’est pas aussi grave qu’une guerre.»

La tempête, le froid et le vent ne les ont pas découragés à sortir de chez eux pour aller faire quelques courses. «Tout est organisé pour faire face au froid. Les bus et le métro sont chauffés, les magasins aussi. On n’a pas à se plaindre», avance Meghriz.

Ce jeune couple, marié il y a à peine sept mois au Liban, juste avant leur départ pour le Canada, a beaucoup entendu parler de l’hiver avant de le découvrir. Dès leur atterrissage à Dorval, on leur a bien expliqué que le froid est quelque chose qu’il faut prendre très au sérieux. «On nous a dit qu’il faut bien se couvrir, avoir toujours les pieds et la tête au chaud et au sec», relève Hagop.

En plus des conseils, des manteaux, des gants et des bottes leur ont été offerts. Toutefois, on a omis de leur dire que la neige mêlée de sel peut pénétrer dans la maison et massacrer les plus solides planchers.

Apprentissage
À l’entrée de leur coquet 1 et 1/2 il manque l’indispensable accessoire dans toute maison québécoise en hiver: le tapis en caoutchouc ou le plateau à bottes. «Je vais en acheter un dès demain, se promet Meghriz. C’est avec l’expérience qu’on apprend aussi.»

Ils sont tous deux originaires d’Alep. Meghriz avait pris des photos de son quartier avant son départ pour le Liban, il y a deux ans. En face de chez elle, une école a été bombardée. «Une aile a été touchée mais les autres sont demeurées debout. Les enfants ont continué à aller en classe dans ces conditions, raconte-t-elle. Quand on a vu des bombes tomber du ciel, la neige paraît bien moins dure.»

Leur ville natale connaît certains hivers des précipitations de quelques centimètres de neige et des températures très basses. «Il faisait plus froid dans les maisons qu’ici parce que les constructions sont en pierre ou en béton, détaille Hagop. On avait du mal à chauffer, ici, l’architecture est vraiment adaptée à l’hiver.» Des hivers qui permettaient de réaliser des bonshommes de neige ou se livrer à des batailles de boules de neige. «De ce point de vue nous sommes prêts à faire face», atteste Hagop.

Vrais défis
Pour ces réfugiés qui ont fui une guerre, les rudes conditions climatiques paraissent bien faciles à dépasser alors qu’ils ont pu trouver une terre d’accueil. La neige qui avait recouvert complètement les rues du quartier leur paraît un problème secondaire.

Pour eux, l’hiver fait partie de la réalité de leur nouveau pays. «Pour nous, c’est un nouveau départ et une nouvelle vie. Chaque année il faudra se préparer à affronter l’hiver tout simplement», soutient Hagop.

Ils affirment que le défi le plus difficile sera le travail. Hagop a travaillé durant un mois comme manutentionnaire. Un emploi difficile pour lui qui souffre du dos. «Au bout d’un mois, je n’en pouvais plus. Heureusement, Meghriz a pu trouver un travail dans l’hôtellerie.»

La prochaine étape pour tous les deux sera l’apprentissage du français. Ils commencent des cours à temps partiel ce mois de janvier, au Centre d’appui pour les communautés immigrantes (CACI). «Je dois aussi ramener mes parents et mon frère qui sont toujours au Liban», confie Meghriz. Leur dossier de réfugiés a été déposé il y a quelques jours.

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