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Vous n’épargnerez aucun effort pour assurer la sécurité de vos concitoyens M. Chitilian, vraiment ?

Cette lettre répond aux propos du conseiller de Bordeaux-Cartierville, monsieur Harout Chitilian, rapportés dans l’article intitulé «Sans chauffage dans le froid polaire à Cartierville» publié le 8 janvier 2015 sur le site internet du Journal Métro. Cet article portait sur la situation difficile que vivait certains locataires de Cartierville qui étaient privés de chauffage en pleine période de froid intense. Étant interviewé, M. Chitilian y prétend qu’il déploie beaucoup d’efforts pour assurer la sécurité de ces locataires. Nous en doutons.

D’abord, mentionnons que le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) travaille auprès des locataires de trois immeubles insalubres de la rue Ranger depuis maintenant trois ans et qu’au cours de cette période il a rencontré des dizaines de locataires. Dans les deux dernières années, les organisateurs communautaires du CLAC ont travaillé en collaboration avec l’Office municipal d’habitation de Montréal afin de relocaliser les locataires qui étaient évacués en raison des risques que représentait l’état de leur logement pour leur santé. Ce sont les inspecteurs de la Direction de l’habitation de la Ville de Montréal qui ont procédé à ces évacuations.

Le cas de la rue Ranger est particulièrement problématique. En effet, les conditions de vie des locataires des trois immeubles ciblés sont extrêmes : il y a prolifération des moisissures et des vermines, des systèmes de chauffage défectueux, une absence d’eau chaude dans plusieurs logements, le système de protection contre les incendies est quasi-inexistant et de nombreux locataires se disent victimes d’intimidation et d’harcèlement de la part des propriétaires.

Près de 3000 constats d’infraction ont été émis pour ces trois immeubles au cours des trois dernières années, mais il n’y a eu aucune mise à l’amende. Pire encore, la Ville de Montréal a octroyé une subvention à l’un des propriétaires pour qu’il puisse rénover ses logements au frais des contribuables montréalais ! Cette aberration a d’ailleurs été soulignée par plusieurs médias tels que TVA et Radio-Canada. Dans la foulé de cette dénonciation, M. Chitilian avait affirmé qu’aucun denier public ne devrait être alloué au propriétaire délinquant. Or, aujourd’hui il appert que la subvention sera bel et bien versée malgré les lacunes toujours observées dans deux bâtiments, et que le nouveau propriétaire du troisième bâtiment a aussi été sélectionné pour en recevoir une.

Le journal Métro rapportait le 8 janvier dernier que M. Chitilian affirme tout faire en son pouvoir pour assurer la sécurité de ses concitoyens. Il y prétend notamment s’être assuré qu’aucun logement évacué ne serait habité avant que les travaux nécessaires soient effectués. Or, plusieurs intervenants dans ce dossier, dont des membres du CLAC, du personnel de l’OMHM et même des journalistes ont pu constater que des locataires logeaient encore dans des logements évacués. Est-ce que le conseiller d’arrondissement a lésiné dans ses efforts ou n’était-il pas au courant des pratiques douteuses du propriétaire ? Ou encore, serait-ce un manque de volonté politique. À ce sujet d’ailleurs, M. Chitilian affirme aussi qu’il n’était pas au courant des multiples problèmes vécus par les locataires du 11815, rue Ranger. Pourtant, le 28 février 2014, un employé du Comité logement a visité le bâtiment avec M. Chitilian. Celui-ci a été informé des problèmes vécus par les locataires, notamment ceux concernant le chauffage, la vermine et la moisissure et il s’est engagé à les aider par tous les moyens.

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’action concrète de la part de l’arrondissement ? Pourquoi M. Chitilian feint-il la surprise aujourd’hui alors qu’il avait été mis au courant des problèmes un an plus tôt ? Il est clair aujourd’hui que l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville n’a pas protégé les citoyens de la rue Ranger et que M. Chitilian n’a pas rempli convenablement son devoir de représentant dans ce dossier. Faudra-t-il toujours faire un tapage médiatique pour se faire entendre par les élus d’Ahuntsic-Cartierville ?

 

Enfin, le CLAC a régulièrement questionné M. Chitilian, ses collègues de l’arrondissement de même que ceux de la ville sur les raisons pour lesquelles ils s’obstinaient à refuser de mettre à l’amende les propriétaires délinquants. Ils nous ont tous répondu que la ville et ses arrondissements refusaient de mettre à l’amende les propriétaires parce que cela pouvait engendrer des contestations judiciaires coûteuses pour la municipalité. Il appert ici que la Ville fait passer ses soucis financiers avant ses concitoyens… Si l’arrondissement (ou la Ville) n’applique pas le règlement sur la salubrité et l’entretien des logements dont il s’est doté, à quoi celui-ci sert-il ?

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