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Le siège de Jacques Daoust à combler

AppleMark Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

La démission en pleine controverse du ministre des Transports et député de Verdun, Jacques Daoust,  force le gouvernement à déclencher une quatrième élection partielle cet automne. Le premier ministre Philippe Couillard dispose de six mois pour fixer une date.

C’est la vente de l’entreprise RONA, un des fleurons du Québec inc, à des investisseurs américains en février, qui aura eu raison de la carrière politique de Jacques Daoust.

Un échange de courriels démontrerait que son chef de cabinet, Pierre Ouellet, aurait donné le feu vert au transfert des actifs de l’entreprise de rénovation au géant Lowe’s. Le vice-président d’Investissement Québec aurait demandé à M. Ouellet si le ministère de l’Économie était «en accord avec cette vente», ce à quoi il aurait répondu «OK» après un délai de quelques heures.

M. Daoust assure n’avoir jamais menti. «Je tiens dans un premier temps à réitérer qu’en tout moment j’ai toujours dit la vérité, et mes déclarations dans le dossier de la vente des actions de RONA ont été rigoureusement exactes.Je n’avais pas été informé de l’intention des administrateurs de vendre la participation d’Investissement Québecdans RONA», a-t-il laissé savoir dans la lettre expliquant sa décision.

Intégrité
Le maire de l’arrondissement de Verdun, Jean-François Parenteau, ne doute pas pour sa part de l’intégrité de son ancien député.

«L’avenir nous dira s’il est coupable. C’est une grande perte pour Verdun, car c’était un député très impliqué dans sa circonscription», a-t-il mentionné.

M. Daoust est né à l’hôpital de Verdun. Il avait été élu en avril 2014. À la suite de sa démission, le premier ministre Couillard a salué son travail par voie de communiqué.

«Je tiens à le remercier pour avoir servi l’État avec conviction dans les dix dernières années. Il faut saluer son dévouement et sa contribution à l’économie du Québec», a-t-il mentionné, en ajoutant que la conclusion du partenariat de la CSeries avec Bombardier, dont il a été responsable, était parmi plusieurs projets structurants pour le Québec auxquels il avait participé.

Alors qu’il était au MTQ, M. Daoust a toutefois été critiqué notamment pour sa gestion du dossier qui opposait Uber aux chauffeurs de taxi.

Éviter de diviser le vote
Jean-François Lisée, qui brigue la chefferie du Parti québécois, souhaite qu’un seul candidat représente «toutes les forces progressistes» à Verdun, incluant Québec solidaire et le Parti vert, question de ne pas diviser le vote.

«En 2012, on aurait eu la circonscription si on avait additionné nos forces. Je pense que ce serait une bonne façon de tester la convergence de nos forces et l’objectif premier, c’est de chasser les libéraux», explique M. Lisée.

Le député de Rosemont estime que cette stratégie avait fonctionné en 1995, alors qu’il avait conseillé à Jacques Parizeau de s’unir à Mario Dumont, alors chef de l’Action démocratique du Québec.

Le président de l’association péquiste de Verdun, André Julien, n’a pas voulu avancer tout de suite de noms de candidats potentiels, mais il souligne que le PQ a déjà établi une liste puisque «M. Daoust était sur la sellette depuis un moment».

Le premier ministre Couillard devra déclencher sous peu une élection partielle dans ce fief libéral. Elle s’ajoutera à celles dans les circonscriptions de Saint-Jérôme et Marie-Victorin en raison des départs des péquistes Pierre Karl Péladeau et Bernard Drainville, ainsi que dans Arthabaska à la suite du décès de Sylvie Roy.

Avec la collaboration de Vicky Michaud.

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