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Un dernier match de hockey pour Pierre Racicot

Pierre Racicot a débuté sa carrière dans la LNH en 1993. Photo: Getty Images

Le juge de ligne de la Ligue nationale de hockey (LNH), Pierre Racicot, a récemment arbitré le dernier match de sa carrière. Un moment fort en émotion, mais peu de gens savent que tout a commencé dans les ruelles de Verdun à la suite d’une annonce dans le Messager de Verdun (aujourd’hui Métro IDS/Verdun).

En 28 ans de carrière, M. Racicot aura arbitré 1880 matchs de saison régulière et 254 matchs en séries éliminatoires ainsi que 10 finales de la Coupe Stanley. Il a aussi participé aux Jeux olympiques de 2006 à Turin, en Italie. Mais tout a débuté à l’âge de 14 ans alors qu’il désirait faire un peu d’argent de poche.

Dans sa jeunesse, Pierre Racicot fréquentait régulièrement l’ancien aréna Guy Gagnon, à Verdun. Lorsqu’il est tombé sur une annonce dans le journal local qui appelait des candidatures pour arbitrer, il a laissé tomber son boulot de camelot et il a sauté sur l’occasion.

Pierre Racicot a d’abord arbitré les joueurs de niveau novices le dimanche matin. Il se rappelle que quatre matchs lui rapportaient 25$, ce qu’il jugeait très payant à l’époque. Puis, il a arbitré les joueurs plus vieux et ensuite il a travaillé dans la ligue du Lac Saint-Louis dont Verdun fait partie. Il a progressé au niveau provincial, puis au junior majeur avant de se retrouver dans la LNH.

Intimidation

La culture du hockey évolue au Québec, et ce, pour le mieux, estime Pierre Racicot.

«Ça s’est amélioré à cause des réseaux sociaux», soutient-il. Les caméras sur les cellulaires permettent à n’importe qui de filmer quelqu’un dans les gradins.

«Ça freine les parents d’engueuler un jeune de 14 ans qui arbitre son enfant de six ans», constate l’arbitre.

Il estime qu’il y a un mouvement de dénonciation de ce genre de comportement sur les réseaux sociaux. Ainsi, entraîneurs et spectateurs font plus attention à leur agissement.

«Je pense que ça prend du sang-froid pour être un bon arbitre. On est entre l’objectif des deux équipes de gagner. Tout ce qu’on fait va à l’encontre de cet objectif, peu importe le côté. Quand on comprend ça, on reconnaît qu’il y a des émotions qui font partie du match.» Pierre Racicot

La situation a également évolué auprès des joueurs.

«Ce qui se disait dans un vestiaire, il y a seulement trois ou quatre ans, n’est vraiment plus approprié aujourd’hui. Je le vois sur la glace avec les jeunes professionnels,» témoigne-t-il. Les préjugés raciaux ou d’orientation sexuelle ne font plus partie des discussions.

Selon M. Racicot, la solution passe par l’éducation. «À l’époque, il y avait beaucoup d’abus verbaux et même physiques [auprès des arbitres]. Il reste encore du travail à faire, surtout pour éduquer les coachs, les parents et changer la culture du hockey», affirme-t-il.

Il faut surtout épargner les jeunes arbitres qui se développent sur le plan personnel, ajoute le juge de ligne.

Moment mémorable

Le 8 mai, celui qui porte le #65 a officié à son dernier match de la LNH. «Il y avait beaucoup de soulagement par rapport au fait que j’ai été capable de finir ma carrière à un niveau d’excellence que j’ai toujours exigé de moi-même», témoigne-t-il.

Pour lui, il n’était pas question d’arbitrer «l’année de trop». «C’est sûr que j’aurais voulu rester un autre quinze ans, mais mes jambes ne voulaient pas», admet-il, serein.

Le moment le plus marquant de sa carrière s’est déroulé en 2008, alors qu’il était sur la glace avec son ami d’enfance et collègue, Marc Joannette.

«J’ai grandi sur la 5e Avenue et mon meilleur chum restait sur la 6e Avenue. On a grandi ensemble, nos familles se connaissent et on a toujours joué au hockey dans les ruelles de Verdun», décrit M. Racicot.

Les deux amis ont débuté leur carrière d’arbitre à peu près en même temps. «On s’est retrouvé sur la glace pour le match numéro un de la finale entre Pittsburgh et Détroit (en 2008). Faire la finale, c’est le summum d’une carrière professionnelle au niveau de l’arbitrage», explique M. Racicot.

Sans dire un mot, les deux amis ont échangé un regard qui témoignait de leur fierté d’avoir débuté à Verdun et d’être maintenant à l’apogée de leur carrière.

Pour son avenir, Pierre Racicot compte rester impliqué dans le hockey de haut niveau, probablement auprès de la LNH. Il désire aider les plus jeunes par l’entremise de formations. Il est déjà impliqué dans des ligues de hockey européennes et prévoit continuer ses activités là-bas.

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