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Vieillissement prématuré ou entretien insuffisant des rues

L’usure du temps fait son œuvre dans plusieurs rues de Verdun qui montrent des signes de fatigue. Le sujet alimente les conversations des garagistes et des automobilistes en général. À l’arrondissement, on ne ferme pas les yeux sur l’état des rues, mais on doit établir des priorités dans la réalisation des travaux.

Le bitume se désagrège sous l’action du gel et du dégel de l’eau qui s’infiltre. Un trou se forme et s’agrandit avec le passage répété de véhicules. C’est ainsi qu’apparaissent, surtout au printemps, les fameux nids-de-poule qui suscitent tant la colère des usagers de la route.

Une équipe de la voirie parcourt l’arrondissement pour localiser ces nids-de-poule et les boucher avec de l’asphalte froid en hiver, réservant pour l’été, les travaux majeurs. Des rues complètes sont refaites; ces travaux figurent par ordre de priorité et sont comptabilisés dans le programme triennal d’immobilisations (PTI).

Des témoignages percutants

Les garagistes sont bien placés pour évaluer les causes des dommages causés aux véhicules par l’état des rues. Jour après jour, les mécaniciens constatent les dommages sous les véhicules.

Le garagiste Sylvain Thériault de Touchette Pneus à Verdun, est conscient de l’état des rues de la ville, mais il s’empresse de dire: «on est à Montréal et il y en a partout des trous dans les rues ici, et dans tout le Québec», note le jeune garagiste qui ajoute, «on s’en aperçoit en constatant les dommages sur les véhicules». Mais pour Sylvain Thériault, c’est inutile de suggérer l’achat d’un 4×4, c’est plutôt un «char d’assaut qu’il faudrait», conclut-il en riant.

Pour Denis Tremblay qui est dans la vente et l’installation de pneus depuis plus de 25 ans à Verdun, «les rues sont vraiment maganées, ça fait bing bang quand tu roules», affirme-t-il dans un langage coloré. Parmi les dommages constatés sur les véhicules de ses clients, Denis Tremblay en dresse une liste sommaire: «j’ai vu des roues croches, des rims (jantes) pliées, des mags brisés et des pneus fendus sur le côté à cause des trous dans les rues». «Ça coûte souvent moins cher de remplacer une jante déformée par une neuve que redresser en atelier une jante endommagée», précise le garagiste. Selon lui, les assurances ne remboursent pas pour de tels dommages. «C’est vrai qu’on a eu un hiver difficile avec gels et dégels», conclut Denis Tremblay.

Pour le gérant de Chénier Auto, rue de l’Église, affilié au groupe NAPA, Jack Zito, «on change beaucoup de pièces à l’avant des véhicules comme les ball joint (joint à rotule) et des pièces dans la direction qui sont lousses bien avant leur usure normale», affirme-t-il. L’état des rues à Montréal n’est pas étranger à l’usure prématurée de certaines pièces, selon cet expert qui estime qu’on change des pièces sur des voitures japonaises après 40 000 km alors qu’avant on le faisait après 80 000 km ou plus.

Un chauffeur de taxi garé rue de l’Église, Evens Midy, de Pontiac Hemlock, confirme les bris d’auto à cause des nids-de-poule. «La 1ère et la 3e Avenue, c’est pas bon, la rue Gordon aussi est en mauvais état», insiste le chauffeur qui se déplace tous les jours dans Verdun.

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