Un quart de siècle de faits divers pour Sylvain Ryan
C’est en effet en 1996 que celui qu’on appelle affectueusement le «Soldat Ryan» a reçu sa première assignation de la part du rédacteur en chef du Messager Verdun, Pierre Lussier, pour aller prendre des clichés sur les lieux d’un incendie.
L’autodidacte Sylvain Ryan s’est fait connaître au cours de toutes ces années comme le photographe à bicyclette. Pendant longtemps, le vélo fut son principal moyen de transport. Il franchissait souvent de longues distances pour son travail sur le terrain, la nuit comme le jour, l’été comme l’hiver, par beau temps comme par mauvais temps, toujours au poste, toujours à l’heure.
«Je ne travaille plus à vélo, à moins d’être à proximité du lieu de l’événement ou de mon assignation, confie Sylvain. Je prends l’autobus et le métro, souvent le taxi ce qui me coûte plus cher. Mon matériel photographique, en plus de mon équipement de sécurité souvent nécessaire si je couvre un incendie, se transportent difficilement sur ma bicyclette».
La pratique du métier, l’inattendu, n’est pas sans générer son lot d’anecdotes. Ainsi, notre homme est sans doute devenu un héros pour la victime d’un incendie en lui rapportant son chat. «J’ai vu le chat pas loin du bâtiment en flammes. Instinctivement, je l’ai rapporté à l’autobus réservé aux sinistrés. Son propriétaire était bien content!», a rappelé spontanément le photographe.
En marge de la vie de quartier
«Un beau matin, au milieu des années 1990, j’ai vu un jeune homme qui descendait de son vélo, et qui s’est présenté au comptoir du Messager Verdun pour offrir des photos» se rappelle Pierre Lussier. Il s’agissait en fait, de photos d’un forcené qui lançait ses effets personnels du 2e étage et menaçait de mettre le feu à son logement. À l’époque, Verdun portait le titre de «ville des feux» dans la région de Montréal. Les pompiers ne chômaient pas et le photographe attitré du Messager, Jean-Pierre Brisebois, propriétaire du Studio Larose, n’avait ni le temps, ni le goût de couvrir de tels événements. Le jeune Sylvain Ryan s’est offert et la collaboration a débuté. Sa réputation a vite fait le tour des médias locaux et nationaux si bien que même à La Presse, on l’appelle «le Soldat Ryan».
Une passion, un métier
La photographie, c’est une passion depuis la jeunesse pour Sylvain Ryan. Il a commencé à manipuler une caméra alors qu’il était élève de l’école secondaire Monseigneur-Richard, à Verdun, où il est né et où il demeure encore aujourd’hui avec sa mère. Tous les deux sont d’ailleurs très attachés à leur patelin.
En développant sa spécialité de photographe de presse, affecté à la couverture des crimes, accidents et incendies, Sylvain a fait plusieurs rencontres et créé un réseau de contacts qui l’ont amené jusqu’aux pompiers et policiers.
Depuis 2008, par exemple, il est sous contrat avec le service Sécurité incendie de Montréal (SIM) et avec l’Association des pompiers de Montréal; de même qu’avec la Caisse d’économie Desjardins des pompiers, depuis deux ans.
Sylvain est alors appelé à photographier tant des événements de l’actualité, destinés aux médias, comme les hebdomadaires de TC Media, que des événements sociaux, destinés aux publications internes des entreprises et organismes pour lesquels il réalise ses clichés. Photographe indépendant, Sylvain Ryan est connu dans les salles de rédaction de La Presse et du Journal de Montréal qui publient ses photos.