L’avenir du développement local à Verdun
«Nous devons notamment prévoir les dangers qui menacent la qualité de vie des résidents et prendre les actions appropriées avant qu’il ne soit trop tard. Par exemple, que deviendra le commerce de proximité face au commerce en ligne et face au commerce de grande surface? Que deviendra notre hôpital qui nécessite d’importants travaux en hébergement pour survivre? Quant aux aînés, que faisons-nous pour eux et que font-ils pour nous? Ce sont là des bombes à retardement dont il faut prendre conscience pour agir dès maintenant. Mais, me direz-vous, tant que ça ne fait pas mal, pourquoi s’énerver?»
Mauvais souvenirs
Il y a près de 20 ans, en 1994, est née la Fondation du développement local de Verdun. Mais qu’est-ce que le développement local? Pour nous, c’est la prise en charge du milieu par le milieu. Et la mission de la Fondation est d’assurer ce développement fort original et enviable. C’est «un processus permettant à la communauté (le milieu) de participer au façonnement de son propre environnement dans le but d’améliorer la qualité de vie des résidents». Je reprends ici les mots écrits dans le document de l’Arrondissement qui souhaite la «Bienvenue aux nouveaux résidents». Ce processus fait l’envie de plusieurs villes qui nous consultent pour l’implanter chez elles.
Au début des années 1990, Verdun vivait une période très difficile. À cette époque une résidente de Verdun, Carole Beaulieu de la revue Actualité lançait un cri de cœur: «la mort de ma ville». Les marchands sans véritable moyen d’intervenir constataient que la caisse enregistreuse fonctionnait de moins en moins et menaçait leur survie; dans la tourmente de la crise économique qui sévissait alors, de plus en plus de commerces fermaient leurs portes. On voyait les citoyens quitter Verdun pour de meilleurs cieux; des écoles fermaient; le climat de noirceur et d’insécurité grugeait toute lueur d’espoir à bien des résidents; les habitations du centre-ville ont vu leurs propriétaires quitter peu à peu, devenant de plus en plus délabrées avec des locataires de plus en plus démunis. C’était la réalité des années 90, «Verdun, une ville en dépérissement».
Une renaissance?
C’est dans ce contexte que s’est mise en place une concertation d’élite local pour s’interroger et tenter de contrer les méfaits de la dévitalisation du milieu. Rencontres, colloques, initiatives citoyennes multiples, ingéniosité des dirigeants, sentiment d’appartenance, fierté de plus en plus grandissante et reconnaissances ont été des ingrédients pour revitaliser le milieu. Chacun à sa façon, utilisant ses talents et ses pouvoirs, a mis l’épaule à la roue pour faire de «Verdun un choix gagnant».
Le tout s’est réalisé dans une relative harmonie avec la volonté politique d’un maire de l’époque qui s’est donné une vision de ce qu’on voulait être dans 10 ans et qui a permis au citoyen de s’impliquer davantage. C’est la prise en charge par le milieu pour que ça change vraiment. La volonté politique y était, et les citoyens ont été interpellés sous l’égide d’une élite locale, tant du monde de la santé, de l’éducation que de l’économie et de l’emploi. La Fondation du développement local se situait justement entre le pouvoir politique et le goût des résidents de se prendre en mains et d’influencer avantageusement leur milieu.
En 20 ans, Verdun est devenu un «choix gagnant» et un milieu de vie où il fait bon vivre. Personne ne pourra revendiquer d’avoir la légitimité de ces bons résultats, car le développement local interpelle chacun des citoyens à s’impliquer pour que ça change. Des structures solides ont été mises en place pour favoriser le développement local, notamment le Forum Économique, le mentorat d’affaires, le Commissariat au développement local, les activités de réseautage, levées de fonds, le Centre d’affaires de Verdun, réseau des gens d’affaires…et devront être appuyées ou améliorées.
Une invitation
En 2013, le contexte verdunois est modifié sous une tranquille, mais non moins dangereuse réalité. Nous avons toujours le cœur à Verdun, mais des risques appréhendés nous interpellent pour éviter un nouveau déclin. Nous avons beaucoup de défis à relever.
Il existe un bon truc pour reprendre confiance en sa ville, c’est de se responsabiliser, voire de s’impliquer davantage dans le processus décisionnel et de s’intéresser à la ville et à ses multiples activités dont l’objectif ultime est d’offrir une meilleure qualité de vie aux citoyens et résidents verdunois.
Le développement local doit se renouveler constamment. La Fondation continuera sa mission et assurera la prise en charge du milieu pour une meilleure qualité de vie à Verdun.
Je convie tous les candidats à l’élection municipale à se prononcer sur ces enjeux cruciaux et prendre position sur le développement local de Verdun, aux différentes tribunes qui s’offriront à eux d’ici les élections du 3 novembre prochain.
François Loiselle, président
Fondation du développement local de Verdun