Et si le pont-jetée devenait le pont de service?
Le pont temporaire qui reliera l’île des Soeurs à la terre ferme, dans quelques années, coûtera entre 50 et 100 millions de dollars. Avec ses six voies (trois dans chaque direction) et sa piste «cyclo-pédestre», cet ouvrage est destiné à être démoli, quelques années plus tard. Pourquoi ne pas le transformer en pont de service, lorsque le pont de L’Île-des-Soeurs aura été reconstruit? L’idée mérite peut-être d’être considérée.
Depuis plus de dix ans, on discute de l’aménagement d’un nouveau lien entre l’île et la terre ferme de Verdun. Réservé aux cyclistes, aux piétons et au transport collectif, ce pont de service pourrait en outre être utilisé, en cas d’urgence, par les pompiers, les ambulanciers et les policiers. Un comité formé par l’arrondissement pour étudier ce projet avait conclu à sa nécessité, mais sa réalisation en avait été reportée, en raison des coûts envisagés. Le maire Claude Trudel a toujours soutenu quel le coût de cette infrastructure devrait être assumé par d’autres paliers de gouvernements. Cette opportunité se présente peut-être avec le projet de pont-jetée.
La SPJCCI est prête à consacrer entre 50 et 100 millions de dollars à la construction d’un pont qui ne servira que pendant quelques années. Quand on connaît la tendance inflationniste de tous les grands projets, on ne risque pas de se tromper en affirmant que le chiffre le plus élevé de cette estimation préliminaire sera probablement dépassé. Puisque le projet en est encore à son stage préliminaire, ne devrait-on pas en profiter pour envisager un usage permanent à cet important ouvrage?
Le pont-jetée sera en mesure d’accueillir un volume très important de circulation. Des dizaines de milliers de camions, d’autobus, d’automobiles le franchiront quotidiennement. On y aménagera aussi une (ou des) piste(s) pour les piétons et cyclistes. Ce serait une dilapidation des fonds publics de détruire une telle infrastructure au bout de quelques années!
En transformant le pont-jetée en pont de service, au terme de sa vocation initiale, on contribuerait énormément à améliorer l’accès au transport en commun. Ainsi, on pourrait y aménager un couloir réservé aux taxis collectifs qui ferait le lien, en quelques minutes, entre la station de métro LaSalle et L’Île-des-Soeurs, aux heures de pointe du matin et du soir. Et les adeptes du cyclisme (sans parler du BIXI) et de la marche seraient sans doute fort nombreux à vouloir profiter d’une voie réservée et sécuritaire pour se déplacer de l’île au métro (et vice-versa). On pourrait également dégager les voies réservées aux autobus du pont de L’Île-des-Soeurs en déplaçant ces véhicules vers les voies libres du pont de service. Et il resterait encore amplement d’espace pour des voies réservées au transport collectif plus local et aux véhicules d’urgence.
Cette idée peut sembler fantaisiste, de prime abord, mais il vaut peut-être la peine qu’on s’y attarde quelque peu, avant de la rejeter. C’est un sujet sur lequel on reviendra d’ailleurs, au cours des prochaines semaines. Dans l’intervalle, il serait sûrement intéressant de savoir ce qu’en pensent les lecteurs du Magazine.