Vivre en couple et avoir 100 ans
Monique Brouillette-Arcand fêtait son centième anniversaire le 3 avril à la Résidence pour personnes âgées Ambiance à L’Île des Sœurs. Son mari, Éloi Arcand, avait célébré son centième en mai dernier. Le couple cumule 77 ans de vie de couple, quatre enfants, quatre petits-enfants et sept arrière-petits-enfants.
«Ils sont inséparables», a commenté leur plus jeune fille, Joane Arcand, présente lors de la célébration le 5 avril. «Si un n’était pas là, je ne sais pas ce qui arriverait de l’autre. C’est sûr qu’ils habitent encore ensemble. Ils sont plus fragiles, mais toujours autonomes et lucides.»
Résidente de L’Île-des-Sœurs, Arcand fille a voulu que ses parents demeurent plus près d’elle, en plus de profiter du côté pratique de l’île. «Ils sont à la résidence depuis cinq ans. C’était intéressant qu’ils déménagent ici, à proximité de la pharmacie et l’épicerie. À son âge, elle fait encore ses courses!»
La nouvelle centenaire demeure humble devant son exploit. Monsieur Arcand raconte toutefois que le travail explique en partie leur longévité, soulignant sa carrière étoffée ayant œuvré «25 ans dans la restauration, 13 ans à la Commission des Liqueurs et 13 ans au Palais de Justice.» Madame Arcand, qui a étudié la pédiatrie à Montréal, l’a d’ailleurs accompagné au Café Radio, véritable monument à Amos, où ils habitaient. «Elle a même reçu des messages Facebook», s’est surpris leur fille, soulignant le rôle qu’elle avait joué pour toute une génération.
Au-delà du travail, il y a les enfants. Pour Monique Arcand, il n’y a aucun doute, ils symbolisent l’accomplissement dont elle est le plus fière. Lorsque l’on demande quel est le secret de leur union, Monique réplique, «on s’est toujours entendu, et on avait toujours pas mal la même idée. On ne s’est jamais chicané. On n’était pas toujours du même avis, mais ça passait. Je m’occupais des enfants puis lui travaillait.»
De plus en plus de centenaires
Au Québec, on compte 17 centenaires pour chaque 100 000 habitants, selon le dernier recensement de 2011. L’espérance de vie qui augmente explique cette hausse, qui touche plus de femmes que d’hommes.
Si le nombre de personnes qui célèbrent leur centième anniversaire augmente, les couples centenaires sont très rares.
«J’ai fait une petite recherche et je n’ai trouvé qu’un couple – au Lac-Saint-Jean – dans les journaux», souligne Joane Arcand. «Je n’ai pas vu personne d’autre. Je suis à peu près sûre que les couples centenaires, au Québec, on les compte sur les doigts d’une main.»