Soutenez

Le courrier à domicile, c'est fini

D’ici 5 ans, le facteur ne montera plus chez vous. Les Montréalais et l’ensemble de la population canadienne devront retirer leur courrier dans des boîtes collectives. C’est en substance l’une des décisions prises par Postes Canada pour assurer sa viabilité. Le tiers des ménages canadiens qui avait encore la possibilité de recevoir leur courrier à la porte ne sera plus.

Une initiative déjà contestée par Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui dénonce un manque flagrant de prévoyance de la part de la société d’État: «Si cette décision est mise en œuvre, ce sera la fin d’une époque à Postes Canada. Nous reconnaissons que Postes Canada doit changer, mais pas de cette façon!»

«Déjà deux tiers de la population profitent de nos services de boites communautaires, de nos boites postales multiples et rurales. Nos clients les apprécient…», déclare Anick Losier, porte-parole de Postes Canada. Par conséquent, la transition en milieu urbain débutera dès mi-2014 pour être complétée 5 ans plus tard. La société d’État économisera alors 400 à 500M$ annuellement.

Des postes supprimés

C’est entre 6000 et 8000 emplois qui devraient disparaître d’ici 2019. Poste Canada compte sur la réduction naturelle de ses effectifs grâce aux départs en retraite, mais aussi volontaires de certains employés. Cette mesure va permettre à la société d’état de diminuer ses coûts et de s’adapter à un marché en constante évolution.

La porte-parole souligne une baisse significative du volume d’envoi de courrier qui nécessite un réajustement de sa politique de distribution: «L’heure est au numérique, aux courriels, aux transactions en ligne, aux achats sur le Web et par conséquent à l’augmentation du volume des colis au pays.» Une diminution du courrier et une augmentation des colis qui incitent Postes Canada à changer aussi sa politique tarifaire.

le prix du timbre en hausse

Dès le 31 mars 2014, le consommateur devra notamment débourser 1$ pour acheter un timbre à l’unité, et 0,85$ lorsqu’il sera distribué en carnet ou en rouleaux contre 0,63$ aujourd’hui. Une augmentation substantielle qui fait réagir. «La forte hausse du prix des timbres rendra le service postal inaccessible à un grand nombre de personnes», estime M. Lemelin. Pour sa part, Anick Losier, assure que ce plan d’action a été élaboré après une large consultation de la clientèle: «Durant 5 mois, nous avons sondé la population, organisé des réunions citoyennes, visité les communautés et les organismes communautaires, et tous les acteurs de notre société pour répondre au mieux à leurs besoins».

Cette nouvelle approche tarifaire concerne aussi les entreprises et devrait amener Postes Canada à économiser, là encore, entre 160M$ et 200M$ par an. Pour que son plan d’action soit totalement exhaustif, Postes Canada dit vouloir renforcer son réseau de vente au détail et effectuer aussi des changements dans son réseau de traitement du courrier et des colis.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.