Denis Leblanc, la passion avant tout
Rendez-vous m’était donné dans sa dernière réalisation, une bâtisse épurée de briques rouges, à la façade discrète, proche du métro De l’Église. S’y côtoient notamment un café urbain, une boulangerie traditionnelle et une pharmacie clinique… Denis Leblanc est un passionné et cela s’entend dès ses premières paroles.
«J’aime le beau, les façades harmonieuses, l’esthétisme architectural, l’agencement des couleurs. Un souvenir de Paris, incroyable!» Celui-ci le guidera dans tous ses projets. Denis Leblanc est un gestionnaire visionnaire en immobilier. «Lorsque j’acquiers une bâtisse, j’y vois un concept, une histoire. Sa façade devra caresser ou déplaire à l’œil pendant 50 ans», explique-t-il avec humour. De Paris à Soho en passant par le Portugal ou une petite bourgade de l’Île-de-France, son œil ne tarit pas d’éloges sur les détails architecturaux qu’il a rencontrés lors de ses voyages.
De St-Laurent à Wellington
Originaire de Drummondville, il se souvient de son adolescence: «Mon père avait acheté deux maisons. J’avais adoré et je suis tombé en amour avec l’architecture.» Pourtant, vers 18 ans, il part étudier la criminologie à Montréal. Il sourit, «on n’était pas nombreux, c’était les prémices, mais j’aimais ça». Par la suite, il a fait une maîtrise en psychologie, mais se défend d’avoir exercé un jour. Il avoue avoir un intérêt marqué pour les sciences humaines et se remémore avec plaisir ces moments passés en tant que travailleur social.
À la trentaine, il fait ses premières acquisitions sur le boulevard Saint-Laurent. «L’ambiance des années 50 avait disparu, il fallait la faire revivre. J’ai travaillé la qualité des biens grâce à des matériaux nobles et d’avant-garde», raconte Denis Leblanc. Aujourd’hui, l’entreprise familiale compte 14 immeubles de bureaux de qualité, où il a su allier esthétisme, ambiance d’exception et proximité du centre-ville. «J’essaie avec mes partenaires et mes locataires d’avoir une relation de confiance et d’empathie. Je me mets à la place de celui qui va louer le bien que je propose. À Verdun, il a fallu aussi comprendre la vie de ceux qui vivaient là et qu’il fallait malheureusement déplacer», concède l’homme d’affaires.
Verdun, c’était l’inconnu. Un de ses quatre fils appréciait le lieu et semblait y voir un potentiel. Très vite, Denis Leblanc rencontre le propriétaire du 4146; rue Wellington. «Ce fut une belle rencontre. Il y avait 30 chambres, c’est beaucoup de gens à reloger. Il était essentiel de collaborer, de les accompagner dans cette démarche», explique-t-il avec empathie. Le gestionnaire remercie d’ailleurs l’efficience des services de l’arrondissement dans cette aventure.
L’avenir à Verdun
«Dans cette bâtisse, il y aura notamment la Caisse populaire, le comité sectoriel de la main-d’œuvre des services de soins personnels, le chef Louis-François Marcotte, le collège Essor, un studio de danse et un club social. Cela va engendrer un mouvement de population intéressant pour les commerces de la rue Wellington, c’est évident», assure l’homme conquis. Il ne voit pas Verdun comme une plateforme économique, mais bien comme un quartier à part entière, avec sa vie culturelle, utilitaire et récréative. «Verdun a les moyens de devenir incontournable, j’y vois une place publique où les habitants et les touristes s’y déplacent pour partager une convivialité, un festival. Des violonistes, par exemple… j’adore le violon et dans chaque famille québécoise, un violoniste se cache», s’esclaffe-t-il. Pêle-mêle, il se rappelle ce locataire talentueux qui logeait dans une des chambres de la bâtisse avec ses 5 guitares. Un musicien incroyable qui avait eu un parcours difficile et qui s’en est sorti. Il se remémore son mariage; son premier voyage à Paris avec France, son épouse; les berges du Saint-Laurent à quelques pas d’ici et chuchote son désir d’investir à nouveau dans l’arrondissement. L’entreprise est familiale, et avec sa femme, ils préparent la relève. «Dans ce métier il faut être responsable 24h/24h, et tu dois te demander si tu veux cela pour tes enfants… Ils m’ont répondu: “Nous serons quatre!”. Cela me donne de l’espoir… », conclut-il avec une certaine fragilité dans la voix.