LaSalle
12:19 15 janvier 2021 | mise à jour le: 18 janvier 2021 à 12:45 temps de lecture: 3 minutes

Se battre pour son logis: des locataires contestent leur éviction

Se battre pour son logis: des locataires contestent leur éviction
Photo: Carl SincennesQuelques locataires du 9208, rue Airlie, ont manifesté pour contester leur éviction prochaine.

Un propriétaire connu à LaSalle, la société immobilière Beta, menace d’expulser quinze des soixante locataires d’un immeuble de la rue Airlie pour «nettoyer le bâtiment et faire de l’argent sur l’augmentation des loyers», selon le syndicat de locataires ACORN. Ces évictions seraient justifiées par des travaux demandés par la Ville de Montréal.

Or, la Ville et l’arrondissement de LaSalle confirment qu’«aucune des non-conformités constatées n’exige l’évacuation des occupants d’un logement pendant les travaux.»

Montréal doit revoir sa réglementation afin de pouvoir mieux intervenir dans ce genre de cas et donner davantage de pouvoir aux arrondissements, selon le président laSallois du syndicat, Theodros Wolde.

«On demande à la Ville d’instaurer un règlement qui demande un certificat de conformité aux propriétaires», plaide-t-il.

Si les vérifications étaient effectuées plus régulièrement, une telle situation ne pourrait arriver, croit-il.

«Le propriétaire utilise un prétexte pour évincer ces personnes-là et charger plus. Ce n’est pas normal d’être évincé en pleine pandémie.» – Deborah Askins

Au cours des prochaines semaines, M. Wolde veut continuer de faire pression sur Montréal pour qu’elle se penche sur le dossier.

Selon la dernière inspection, 95 % des non-conformités au règlement sur la salubrité lors des inspections initiales avaient été corrigées par le propriétaire.

Cette statistique soulève l’incompréhension du syndicat sur les raisons invoquées par le gestionnaire. Les locataires n’auraient reçu aucun avis écrit ou copie de l’inspection.

Les résidents évincés sont là depuis de nombreuses années et paient un faible loyer en comparaison à ceux nouvellement aménagés, qui déboursent entre 600 et 700$ par mois.

Témoignage

Une résidente de l’immeuble depuis huit ans, Deborah Askins, est visée par un avis d’éviction.

On l’avait transférée dans un autre appartement «tout rénové» du bâtiment, il y a deux ans. Lorsqu’elle a reçu la visite du gestionnaire de l’immeuble, elle a donc été très surprise d’apprendre que son logement aurait 15 infractions en lien avec la conformité.

Jamais on ne lui aurait spécifié les manquements verbalement ou par écrit, en plus de lui demander de partir avant l’échéance de son bail. «C’est notre chez-nous ici. On ne s’en va pas», clame-t-elle.

Elle affirme aussi avoir été ciblée, car elle a osé noter des manquements au niveau de la salubrité.

Lors de la visite de Métro LaSalle en 2019, des excréments, une odeur d’urine et même un rongeur mort dans une cage d’escalier avaient été constatés.

«On ne peut pas nous mettre dehors simplement pour faire des rénovations. La plupart du monde sont là depuis 10,15, 20 ans et on paie moins. On ne mérite pas de se retrouver à la rue pour ça», ajoute Mme Askins.

Le gestionnaire de l’immeuble, Paul Teodorovic a décliné notre demande d’entrevue.

15

Nombre de locataires menacés d’expulsion au 9208, rue Airlie.

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