Soutenez

Des cyclistes au comportement d'automobilistes

Avec le nombre croissant de Montréalais qui choisissent le vélo comme mode de transport, certaines pistes cyclables deviennent de véritables autoroutes, avec toutes les problématiques que cela entraîne…

Marc Jolicoeur, directeur de la recherche à Vélo Québec, constate un manque de liens nord-sud reliant la piste du canal Lachine et celle des berges du fleuve.

«Dans le Sud-Ouest, ça va relativement bien. La piste du canal Lachine est hyper populaire, mais il faudrait des options pour accéder plus rapidement à celle qui longe le fleuve. Sur la piste de l’Aqueduc, c’est le pavage qui est en mauvais état».

M. Jolicoeur croit que des mesures doivent être prises pour améliorer les bandes cyclables de la rue Wellington, qui présentent des carences évidentes au chapitre de la sécurité, entre la rue Henri-Duhamel à Verdun et la rue de Condé, dans le Sud-Ouest».

Dans le cas de LaSalle et Verdun, il note que de nouveaux tronçons nord-sud sont nécessaires et que quelques-uns sont déjà prévus. «Ils seront peut-être moins populaires au départ, mais quand les gens vont constater qu’ils peuvent se diriger vers Montréal plus rapidement, ils seront de plus en plus fréquentés.»

Rage au guidon

Les usagers du réseau cyclable ayant adopté la bicyclette comme mode de déplacement ont des comportements qui ressemblent de plus en plus à ceux des automobilistes, croit la conseillère en sécurité routière du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Nathalie Valois.

La patrouilleuse à vélo souligne que les interventions auprès des cyclistes fautifs sont difficiles.

«Le problème, c’est que contrairement aux automobilistes, ils n’ont pas de permis à perdre. On tente de les interpeller, mais plusieurs continuent à rouler très rapidement. Jamais on ne voit ça avec une voiture, sauf si c’est un véhicule volé. On tente d’arrêter et de remettre des constats d’infraction aux cyclistes ayant une conduite dangereuse et ceux qui grillent des feux rouges», raconte Mme Valois.

L’agente du SPVM mentionne que lors d’activités de sensibilisation, plusieurs cyclistes lui demandent de surveiller les délinquants en la matière.

«On me dit souvent que ceux qui vont trop rapidement à vélo dérangent. Plusieurs me confient qu’ils se méfient de plus en plus des autres bicyclettes, puisqu’ils peuvent se faire couper à un moment inopportun. Moi-même, je me surprends à y penser. Ce n’est plus seulement une activité récréative, c’est une façon de se déplacer. On reproche aux automobilistes d’être pressés, mais c’est rendu la même chose à vélo », souligne la policière.

Même son de cloche du côté de Vélo Québec qui rappelle que le respect se mérite. «C’est clair que la vitesse en bicyclette constitue un problème et ça nous énerve. Il y en a qui zigzague sur la piste cyclable; c’est dangereux. Ces gens ne pensent pas aux piétons que nous côtoyons de près et qui sont plus vulnérables que nous. Je crois néanmoins que le Code de la sécurité routière est de plus en plus respecté. Ça devient plus gênant pour les contrevenants de continuer à agir de la sorte», croit Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.