Richard Bergeron fustige l'administration Tremblay
Selon le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, qui était de passage à LaSalle, le mercredi 13 février, la «décennie Tremblay» n’aura été, ni plus ni moins, qu’une catastrophe pour la métropole.
«L’administration Tremblay était très faible, même si elle faisait semblant d’être forte», estime Richard Bergeron qui s’adressait à la cinquantaine de LaSallois présents lors de la conférence.
«C’est désolant qu’Union Montréal ait fait si peu, alors que lorsqu’ils ont pris le pouvoir, la métropole avait le vent dans les voiles économiquement», a-t-il ajouté.
Selon M. Bergeron, qui ne souhaite rien de moins que de voir son parti prendre le pouvoir lors des élections municipales en novembre prochain, le manque de vision d’Union Montréal est en grande partie responsable du déclin de la métropole et de l’exode des Montréalais vers la banlieue.
«La population tourne le dos à la ville, pour aller en banlieue, en particulier les familles», s’est-il exclamé, en présentant les chiffres d’une étude exhaustive sur la situation de la métropole au cours des dix dernières années. «Les familles restent à Montréal pour leur premier enfant et on voit qu’une bonne partie quitte lors de l’arrivée du deuxième; un ville qui perd ses enfants, c’est l’indice d’un déclin important.»
Rappelons que la population de Montréal en 2013 est même inférieure à celle de 1971. De plus, la métropole a perdu près de 220 000 habitants au profit de la banlieue dans les dix dernières années.
Selon le chef de Projet Montréal, la ville et le gouvernement du Québec investissent dans le développement routier et non dans le transport en commun, favorisant du même coup la banlieue et ignorant la métropole et sa réalité.
«Le parc automobile a grandi sous Gérald Tremblay; on a créé l’équivalent de 42 km de stationnement en dix ans, a-t-il dit. Alors que dans des grandes villes, comme Paris et Londres, 60% et 80% respectivement des citadins ne possèdent pas de voitures. À Montréal, pour chaque automobile, il existe quatre places de stationnement. C’est excessif.»
«De plus, ça fait 25 ans qu’aucune nouvelle station de métro n’a été construite sur l’Île de Montréal. En même temps, le coût pour les usagers de la STM a explosé dans les dernières années. Et qu’est-ce que Gérald Tremblay a fait? Plus de répression envers les cyclistes et les piétons, plus d’amendes. Ça n’a aucun sens», a-t-il dit, visiblement agacé.
Ajoutons à cela la corruption, qui n’en finit plus de faire parler d’elle, la croissance des services et des emplois en banlieue et un taux de chômage très élevé à Montréal (le deuxième plus haut taux en province, tout juste derrière la Gaspésie), il ne fait aucun doute que Montréal est dans de beaux draps et qu’il y a beaucoup de travail à faire.
«Nous avons du travail devant nous, mais je suis confiant», a déclaré le chef de Projet Montréal.
À titre d’exemple, il cite le cas de Québec, qui a rapidement changé pour le mieux au cours des dernières années alors que les administrations de Jean-Paul L’Allier et Régis Labeaume ont transformé une ville plutôt moribonde, selon lui, en un endroit dynamique offrant un grand potentiel, tout en éliminant la corruption.
Des solutions?
Selon Richard Bergeron, ramener Montréal sur les rails est une tâche d’envergure qui demandera de complètement réimaginer la métropole, donnant en exemple différentes villes européennes qui ont effectué de grands changements au cours des dernières décennies.
Parmi les projets qui redonneraient du lustre à la métropole, on compte Turcot 50-50, qui a été refusé par l’administration précédente, et qui serait l’une des façons de revitaliser le secteur, selon lui, en plus de proposer un équilibre, côté investissements routiers et transports collectifs.
Autre projet: un réseau de tramway hyper moderne de 37,5 km serait, quant à lui, terminé à temps pour le 375e anniversaire de la ville, afin d’instiller un sentiment de fierté chez les Montréalais, semblable à celui créé par l’arrivée du métro, il y a 50 ans.
Sur la table également: un programme particulier d’urbanisme (PPU) pour Griffintown, ainsi que le projet d’entrée maritime dans l’est de la ville, inspirée de Sydney et de Hambourg, comptant 4 km de promenade le long du fleuve, 45 nouveaux immeubles et 22 km de rails de tramway.