Soutenez

Biométhanisation: autopsie d'une confusion

Boulanger Pierre - TC Media

«Suite à l’article paru le 21 février dans Le Messager, des citoyens pensent qu’il y aura un centre de compostage sur le site Solutia. C’est faux ! Des gens sont venus au conseil en parlant de compostage en plein air, de mouettes, d’odeurs… Rien de tout ça n’est fondé. Du compostage, à LaSalle, il n’en a jamais été question et il n’y en aura jamais. Ce sera une usine de biométhanisation. On ne fera pas du compost, on va faire du gaz, qui va être vendu à Gaz Métro.»

La mairesse de l’arrondissement, Manon Barbe, a tenu à faire le point sur l’ensemble du dossier qui a amené plusieurs personnes à se présenter à la séance du conseil du 5 mars.

Elle a expliqué «qu’au futur centre de biométhanisation, il ne va y avoir aucune opération en plein air. Le bâtiment va être fermé et sous pression négative; la réception des matières organiques va se faire dans un endroit clos, les roues des camions vont être lavées avant de quitter le site et l’air évacué de l’usine va être traité avec des filtres performants. Un centre de traitement par biométhanisation, ce n’est pas une poubelle, a-t-elle expliqué. C’est un équipement moderne qui utilise les dernières technologies pour valoriser les restes de table de nos cuisines, pour produire du gaz méthane, d’où le nom de biométhanisation.»

Un appui de tous les partis

Mme Barbe précise que cette décision a été entérinée par des élus de tous les partis politiques à l’hôtel de ville de Montréal. «La presque totalité des élus a appuyé ce projet, puisque 47 conseillers ont voté pour et seulement 4 ont voté contre. Mes collègues et moi, nous sommes fiers qu’un jour, même si c’est juste en 2020, de l’énergie renouvelable sera produite à LaSalle. En plus, nous créerons des emplois de qualité dans un domaine de pointe.»

Un site idéal?

Pour les élus de LaSalle, le terrain de l’ancienne usine Solutia de la rue Saint-Patrick constitue un site parfait pour un centre de traitement des matières organiques (CTMO). «Comme l’Office de consultation publique l’a confirmé, il respecte toutes les lignes directrices du ministère du Développement durable et de l’Environnement. Il est à un kilomètre de la première habitation, ce qui est le double de la norme du ministère», soutient la mairesse.
«Le seul impact majeur va être l’ajout de mouvements de camions dans le secteur industriel. C’est pourquoi nous avons exigé que l’ajout de nouvelles bretelles au-dessus du canal de Lachine soit envisagé dans l’axe des rues Lapierre et Irwin, pour soulager la bretelle Angrignon, parce lorsqu’ils complèteront la construction de l’échangeur Turcot, la construction de notre usine de biométhanisation commencera. Il y aura une plus grande quantité de camions qui va circuler dans le secteur et ce serait intéressant qu’ils puissent passer directement de la rue Notre-Dame à la rue Saint-Patrick pour entrer par la rue Irwin.»
Mme Barbe est persuadée que la majorité des LaSallois est d’accord «pour qu’on cesse enfin d’enfouir chaque année des milliers de tonnes d’ordures ménagères et d’arrêter de générer du CO2 en les transportant en camion jusque dans les Basses-Laurentides ou en Montérégie. Avec ce projet, les LaSallois et les Montréalais prouvent qu’ils sont des citoyens responsables qui se soucient de l’environnement et de la planète. On construit aussi pour le futur, pour nos enfants et nos petits-enfants.»
Les quatre centres de traitement des matières organiques vont permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 21 000 tonnes et vont soustraire de l’enfouissement 220 000 tonnes de matières résiduelles par année. «C’est un geste concret dans la lutte contre les changements climatiques,» ajoute la mairesse.
Le projet de LaSalle ne devrait pas se concrétiser avant 2020 parce le premier centre à ouvrir sera dans l’est de Montréal. «Quand il sera presque à pleine capacité, la construction se mettra en branle à LaSalle. On profitera de l’expérience acquise dans l’est de Montréal et on pourra ajuster le tir.»
C’est la Ville de Montréal qui procèdera à l’achat du terrain. «Le bâtiment aura une couverture végétale. Ce ne sera pas quelque chose qui va dévisager l’environnement.»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.