Le Plateau-Mont-Royal
15:42 16 octobre 2020 | mise à jour le: 16 octobre 2020 à 15:47 temps de lecture: 4 minutes

Don d’organes: la sensibilisation, une nécessité

Don d’organes: la sensibilisation, une nécessité
Photo: Elena Broch/MétroSteve Bujold, 48 ans, est en attente d'une greffe de poumons depuis janvier 2020.

La pandémie de COVID-19 a affecté le bon déroulement du don d’organes. Une raison de plus, pour plusieurs intervenants du secteur, d’appeler les citoyens à signer leur carte de donneur d’organes.

Steve Bujold est hébergé à la Maison des greffés, dans le Plateau-Mont-Royal. Cet établissement accueille les personnes venant de région en attente d’une greffe ou dans le cadre de leur suivi post-opératoire. Rester à la Maison des greffés leur permet ainsi d’être au plus proche des hôpitaux montréalais.

Depuis janvier 2020, cet homme de 48 ans est en attente d’une greffe de poumons. En attendant, il est sous assistance respiratoire 24h sur 24.

En plus d’ajouter un stress de vulnérabilité au virus, la pandémie est venue ralentir les étapes à franchir dans le processus de don d’organes.

«En mars je devais venir au CHUM pour me faire évaluer [pour savoir si son état nécessitait d’être hébergé à la Maison des greffés], ça a été reporté au mois de juin, puis, au mois de septembre», se souvient ce résident de Sept-Îles sur la Côte-Nord.

Baisse des dons

La pandémie a aussi impacté les dons et transplantations. «Du 12 mars au 30 juin, on constate une diminution de 50% du nombre de donneurs d’organes et de 60% des transplantations», par rapport à la même période de l’année précédente, explique un communiqué de Transplant Québec. L’organisme enregistre toutefois ces derniers mois un retour à la normale. «Tant au niveau des références, des transplantations et des dons», précise Annie-Carole Martel, cheffe des communications.

La raison de cette baisse? «La réorganisation massive dans les hôpitaux ont pu contribuer à ces résultats», explique Mme Martel.

Pourtant, les personnes en attente d’un organe, elles, sont toujours présentes. Transplant Québec les estime à près de 800 personnes.

Sensibiliser

Ainsi, pandémie ou non, les besoins sont toujours présents. D’où l’importance de sensibiliser le public, car «un donneur peut sauver huit vies», martèle Micheline Cyr-Asselin.

«Il faut signer sa carte de donneur et en parler à sa famille», ajoute-t-elle tout en sachant que c’est un «deuil énorme de perdre quelqu’un en mort cérébrale».

Des propos partagés par Lucie Dumont, présidente et fondatrice de Chaîne de vie. Cet organisme met en place, lors de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe du 17 octobre, des événements de collecte de fonds pour financer ses actions.

Mme Dumont explique qu’en 2019, sur 775 donneurs potentiels, seulement 164 ont été prélevés. Les raisons de l’impossibilité du don proviendraient dans 37% des cas, d’un refus de la famille.

C’est pour cela que la sensibilisation doit commencer dès le secondaire 4 ou 5, pense Mme Dumont. Chaîne de vie propose à ce propos des formations aux enseignants pour faire de l’éducation en classe, partout au Québec.

Sensibilisé, Steve Bujold l’était bien avant d’avoir besoin d’une greffe, explique-t-il. «Aujourd’hui, mes poumons ne sont plus bons, mais mes autres morceaux sont encore bons, j’espère à mon décès, ils pourront sauver quelqu’un avec», lance-t-il.

Et le don du sang?

De ce côté, les dons et les besoins en sang sont stables, assure Élodie Minguet-Mei, relationniste de presse pour Héma-Québec. Il faut dire que l’appel du gouvernement à donner son sang a bien fonctionné, souligne-t-elle. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser la garde, prévient la relationniste.

Les mesures sanitaires sont venues aussi s’installer dans les centres de collecte de sang au Québec, rappelle Mme Minguet-Mei. Port du masque obligatoire, lavage de mains… Et collecte sur rendez-vous, dans un lieu fixe. À Montréal, il est possible de prendre un rendez-vous à Globule Versailles (métro Radisson).

Les infos en plus

Le don d’organes peut se réaliser lorsqu’il y a diagnostic de décès neurologique, soit l’arrêt définitif du fonctionnement du cerveau.

Pour être donneur, il est possible de télécharger un formulaire sur le site de la RAMQ, le remplir puis le retourner. Ensuite, un autocollant est envoyé et peut être apposé sur la carte d’assurance maladie. Il est aussi possible de s’inscrire au registre des donneur sur ditesle.ca

La Journée mondiale du don d’organes et de la greffe se tient tous les 17 octobre.

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