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Infrastructures du Plateau : 130 M$ pour combler le déficit d'entretien

En raison du vieillissement des infrastructures et des lacunes dans leur entretien, la Ville de Montréal aurait à investir plus de 130 M$ pour remettre à niveau les rues et les conduites d’eau du Plateau-Mont-Royal.

Par Frédérique Charest

Selon un porte-parole de la Ville-centre, les autorités prévoient que les besoins de l’arrondissement en investissement en matière d’égouts, d’aqueducs et de voirie se chiffreront à 26,5 M$ par an pour les cinq prochaines années. C’est la facture que devraient payer les contribuables pour que leurs infrastructures retrouvent un niveau de service optimal.

« Ce n’est pas particulier au Plateau-Mont-Royal. C’est une problématique reconnue, les administrations publiques ont accumulé un déficit d’entretien de leurs infrastructures. La bonne nouvelle, c’est que la ville reconnaît le problème. Sa volonté, c’est d’accélérer les investissements et être plus efficace dans ses interventions », soutien Philippe Sabourin, chargé de communications à la Ville de Montréal.

Pour l’aqueduc, la ville devrait dépenser près de 6 M$ par année. L’âge moyen des conduites d’eau potable du Plateau, l’un des plus vieux quartiers de la métropole, est de 88 ans. C’est 30 ans de plus que la moyenne montréalaise.

Or, selon M. Sabourin, la plomberie de l’arrondissement se porte plutôt bien. L’un des indicateurs qui permettent d’évaluer sa santé, c’est le nombre de bris au kilomètre par année. Ici, il se chiffre à 0,58.

« Le seuil établi par le Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire est de deux bris par kilomètre par année sur cinq ans. Il n’y a que 9,4 % des conduites d’eau dans le Plateau qui ont atteint ce seuil », explique M. Sabourin.

Toutefois, plus de 18 % des conduites ont déjà dépassé leur durée de vie utile.

Les égouts du quartier sont, eux aussi, plus vieux que la moyenne montréalaise. Par contre, il n’y a que 2 % du réseau qui a dépassé sa durée de vie utile. Malgré cela, la ville chiffre à 13 M$ les besoins en investissements.

Le Plateau-Mont-Royal compte plus de 1 400 000 km2 de chaussée, dont les grandes artères, comme la rue Papineau et le boulevard Saint-Laurent. Mais le réseau est surtout composé de petites rues locales.

« Dans le Plateau, ce dont on peut convenir, c’est que le déficit d’entretien est plus important au niveau des petites rues. Au niveau artériel, il y a des efforts plus importants qui ont été faits par le passé. Donc, si l’on doit se concentrer quelque part, ce sera surtout sur la voirie locale », affirme le porte-parole de la Ville-centre.

La facture totale pour les remettre à niveau : 1,2 M$ pour les grandes artères et 6,2 M$ pour les rues.

Au moment de mettre sous presse, il a été impossible de déterminer combien investira réellement la Ville de Montréal dans la rénovation et le remplacement des infrastructures du Plateau-Mont-Royal.

Deux chantiers importants cet été

Au courant des prochains mois, la ville planifie deux chantiers de construction d’envergure sur le domaine public du Plateau-Mont-Royal.

Le plus gros, d’une durée indéterminée, s’amorcera à la mi-mai, sur la rue Papineau, entre la rue Ontario et l’avenue Mont-Royal.

La ville s’affairera à réparer les égouts et les conduites d’eau potable, à refaire la chaussée et les trottoirs et à remplacer le système d’éclairage. Profitant de l’occasion, Gaz Métropolitain rénovera ses installations tandis qu’Hydro-Québec modernisera le réseau électrique.

Il est encore trop tôt pour dire avec précision quelles seront les entraves à la circulation qui seront occasionnées par les travaux.

Le deuxième chantier va s’ouvrir au mois de juin, sur la rue Rachel, entre les rues Esplanade et Boyer. La ville reconstruira des trottoirs et fera du pavage. Elle prévoit que ses travailleurs y seront pendant neuf semaines.

Prévenir plutôt que guérir

En 2014, sur l’ensemble de son territoire, la ville projette investir 132 M$ au niveau de la voirie et 198 M$ dans les égouts et le réseau de conduites d’eau potable. L’investissement permettrait de reconstruire 80 km de chaussée et de trottoir ainsi que 100 km de conduites d’égout et d’aqueduc. Cependant, en tenant compte des imprévus et des situations d’urgence, elle vise un taux de réalisation de 75 %.

« La ville est consciente qu’il y a un déficit d’entretien. Depuis quelques années, on a de nombreux bris et plusieurs situations d’urgence. La difficulté, c’est d’arrivée à planifier, à intégrer et à coordonner nos travaux », souligne M. Sabourin.

Selon lui, la ville tente de plus en plus de coordonner ses interventions. En utilisant un système informatique intelligent, elle veut planifier ses actions pour réaliser d’un seul coup des travaux sur les égouts, les conduites d’eau et la chaussée. En utilisant de nouvelles technologies, elle croit pouvoir agir avant que les bris ne surviennent. De cette façon, moins de travaux planifiés seront reportés.

« On pourrait avoir à l’avenir des économies d’argent d’environ 30 %. Nous espérons aussi diminuer les impacts sur les citoyens et la circulation d’environ 40 %. »

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