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Anna Klisko veut s'imposer entre Breton et Massé

Mère, avocate, directrice d’un service de garde : Anna Klisko cumule les titres depuis quelques années. Ces jours-ci, elle demande aux électeurs de Sainte-Marie – Saint-Jacques de lui en confier un autre, celui de député.

C’est la première fois que Mme Klisko se lance en politique active. Au gré des poignées de main et du porte-à-porte, elle en apprend un peu plus sur les rouages d’une campagne électorale.

« C’est tout un défi ! Si jamais j’ai la chance d’être élue, je ne serais que le troisième député libéral de l’histoire de la circonscription. Mais je suis une fille de challenge. Mon plus grand défi, c’est de me faire connaître. Tout le monde sait qui sont Daniel Breton et Manon Massé. Mais personne ne connaît Anna Klisko. »

Dans un café rue Parthenais, au lendemain de l’ouverture officielle de sa campagne, elle raconte son parcours familial et professionnel.

Avant toute chose, la politicienne en herbe est mère de famille. Elle a accouché de son premier enfant alors qu’elle était encore au baccalauréat. Son deuxième, elle l’a eu pendant qu’elle complétait son barreau.

Jeune mère, elle a débuté sa carrière en 2006. D’abord au cabinet d’avocats Lacoste Langevin et puis, dans l’espoir de concilier le travail et la famille, à son compte au sein d’une pratique privée. Spécialisée notamment en droit du logement, elle défend autant les locataires que les propriétaires.

Bien qu’elle parle avec conviction de sa carrière d’avocate, ce qui s’avère sa plus grande fierté professionnelle, c’est la création de l’Académie préscolaire royale Montréal, un service de garde dont elle est la directrice.

« Mon conjoint et moi, nous avons eu trois enfants. Ils ont été gardés en milieu familial et en garderie subventionnée à 7 $. On a vraiment été dégoûté par tout ce qu’on a vu. Tout le long, j’ai râlé et chialé. Insatisfaits, on a décidé de créer pour les autres le service de garde qu’on aurait voulu avoir pour nos propres enfants. »

Ce sont les questions liées à la famille, à l’éducation et, surtout, aux services de garde qui l’ont motivé à s’engager politiquement. Selon elle, l’accent est trop souvent placé sur le coût des services plutôt que sur leur qualité.

« Les parents magasinent les meilleures écoles, mais l’apprentissage, ça commence vraiment à la garderie », plaide-t-elle.

Du même souffle, elle affirme qu’il reste encore bien du travail à faire pour améliorer le milieu éducatif dans Sainte-Marie – Saint-Jacques.

« C’est un comté que je connais depuis deux ans. C’est ici où il y a les cinq écoles primaires les plus défavorisées au Québec. L’école secondaire Pierre-Dupuy a longtemps été l’une des pires de la province. Il y a beaucoup à faire pour sortir les citoyens de ces statistiques-là. »

Des adversaires de taille

Comme premier défi politique, Mme Klisko aurait pu difficilement trouvé plus imposant. Elle affronte non seulement un ministre, mais également l’une des têtes d’affiche de Québec solidaire. Bien qu’elle soit une fédéraliste au sein d’un comté traditionnellement souverainiste, elle fait valoir que les temps commencent à changer.

« Au fédéral, le Bloc a régné ici pendant une vingtaine d’années. Pourtant, aux dernières élections, c’est le Nouveau parti démocratique qui a gagné. Je ne tiens pas pour acquis que les gens ici ne sont plus souverainistes, mais je crois tout de même qu’il y a une ouverture pour élire quelqu’un qui veut que le Québec reste au sein du Canada et qui souhaite mettre de l’énergie dans l’économie, la santé et l’éducation. »

C’est une impression qui, selon elle, se confirme au fil de ses rencontres sur le terrain.

« J’ai commencé à faire mon porte-à-porte, et ce qui rejoint le plus les gens, c’est l’économie, surtout le sort des petites et moyennes entreprises. Il y a des commerçants qui en arrachent. Si vous aller dans le Village gai ou sur la rue Ontario, il y a de plus en plus de commerces qui ferment. Ceux qui restent travaillent 12 heures par jour, sept jours semaine. Ils me disent qu’ils essaient de survivre. Ça me touche, d’autant plus que je suis moi-même chef d’entreprise. »

La partie est loin d’être gagnée pour la candidate libérale. Mais Mme Klisko refuse néanmoins d’être battue d’avance. Elle se dit prête à mettre les heures qu’il faudra pour créer la surprise le 7 avril prochain.

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