Les chauffeurs de taxi veulent freiner Car2go et Communauto
Les VLS font déjà partie du décor des arrondissements Plateau-Mont-Royal, Rosemont-La Petite-Patrie et Côtes-des-neiges. Car 2 go y déploie pour le moment une flotte de 250 véhicules. Auto-mobile en a 75.
« La qualité du service dépend beaucoup de l’étendue du secteur desservi. C’est clair que ce serait plus intéressant pour les Montréalais d’avoir quelque chose de plus vaste », reconnaît Marco Viviani, directeur du développement chez Communauto.
Or, dans l’état actuel des choses, les clients des services de VLS doivent stationner le véhicule dans l’une des trois zones desservies. Par exemple, quelqu’un qui emprunte la voiture dans le Plateau ne peut pas la garer dans Villeray.
« J’ai bien des amis qui vivent à l’extérieur des zones de service. Malheureusement, je ne peux pas utiliser un VLS pour aller leur rendre visite. Ça limite donc la distance que je peux parcourir », opine Arnaud Nicolas, un client de Car2go qui habite le Plateau-Mont-Royal.
La Ville-centre songe à créer un réseau VLS intégré qui couvrirait l’ensemble de la métropole.
En juin dernier, elle a tenu une consultation publique durant laquelle plusieurs acteurs du milieu des transports ont pu s’exprimer sur la question. Si la STM s’est montrée ouverte, les chauffeurs de taxi, eux, ont signalé leur ferme opposition.
« Ce serait un désastre!, s’exclame Max-Louis Rosalbert, président du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal. Les VLS ne tueraient peut-être pas l’industrie du taxi, mais ils rendraient bien difficile la vie des chauffeurs qui peinent déjà à gagner leur vie. »
Selon lui, les rues montréalaises sont déjà engorgées par le nombre trop élevé de taxis; la métropole en compterait 1000 de plus qu’à Toronto, une ville qui a pourtant bien plus d’habitants. Il craint que les VLS cannibalisent carrément le bassin de clients déjà trop faible.
Autant chez Car2go que chez Communauto, on se défend de porter atteinte aux intérêts des chauffeurs de taxi.
« Les utilisateurs se rendent d’un point A à un point B. De B à A, ils prennent un autre moyen. Il faut inciter les gens à participer à la chaîne des transports; c’est-à-dire de combiner les transports en commun, le taxi et l’auto partage plutôt que d’utiliser leur propre voiture », affirme M. Lavoie.
En campagne électorale, Denis Coderre s’était montré sceptique vis-à-vis l’implantation d’un réseau de VLS, craignant justement que le service nuise à la santé de l’industrie du taxi. D’ailleurs, il s’oppose pour le moment à son implantation dans l’arrondissement Ville-Marie. Un refus qui n’inquiète pas les opérateurs de VLS.
« M. Coderre a pris connaissance du dossier lors de la campagne électorale et il a eu à se prononcer. Comme c’est un service qui est nouveau, il a eu le réflexe de dire non. Mais maintenant qu’il est au pouvoir, et qu’il en sait un peu plus sur le service VLS, il y a une ouverture, une envie de comprendre ce que c’est », soutient M. Viviani.
D’ailleurs, le dossier fait tranquillement son chemin dans l’appareil municipal.
« On est conscient que l’industrie du Taxi n’en veut pas, dit Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif de la Ville. Mais il y a maintenant à la ville une certaine ouverture aux VLS. On est en train de voir au comment on pourrait l’implanter. »
Voilà pourquoi la ville a transféré le dossier à la commission du transport de Montréal. Celle-ci devra l’étudier afin d’ébaucher un plan de déploiement.
« On se bat pour limiter le nombre de quartiers qui cautionnent les VLS. On a manifesté lors de la consultation publique et on a rencontré des gens de la ville. Ce n’est pas très rassurant », conclu le président du Regroupement des propriétaires de taxi.